Une version révisée du Plan opérationnel Allemagne (OPLAN) vise à classer stratégiquement les attaques hybrides dans le cadre d’une logique d’escalade militaire, et ce pour la première fois. Le document définit la République fédérale comme un pôle central de l’OTAN, assorti d’un niveau de menace spécifique.

Pour la première fois, le gouvernement allemand a explicitement classé les actes de sabotage, les cyberattaques et les campagnes de désinformation comme des signes avant-coureurs de guerre dans sa planification de sécurité.

C’est ce que révèle une version élargie du Plan d’opérations Allemagne (OPLAN), un document confidentiel du ministère de la Défense, divulgué par Politico, et destiné spécifiquement aux Länder (États allemands) et aux municipalités.

OPLAN établit une classification du rôle de l’Allemagne au sein de l’OTAN

Le document stipule textuellement que les mesures hybrides pourraient « en principe servir à préparer une confrontation militaire ». Les cyberopérations, le sabotage et les campagnes d’influence sont ainsi stratégiquement placés dans la même logique que les actions militaires conventionnelles.

Cela marque une rupture avec la classification précédemment admise comme une forme de pression dans un contexte de tensions géopolitiques existantes.

Le gouvernement allemand a revu son évaluation compte tenu de l’évolution du rôle de l’Allemagne au sein de l’OTAN. Le plan opérationnel de l’OTAN (OPLAN) décrit l’Allemagne comme un « hub » central de l’Alliance. Elle sert de « base opérationnelle » et de « pays de transit » pour les déploiements de grande envergure sur le flanc est.

Epoch Times a interrogé le gouvernement allemand à ce sujet : « Je ne peux pas à ce stade fournir davantage de détails ni de nouvelles informations sur les niveaux de sécurité qui découleraient directement de cette annonce », a déclaré Natalie Jenning, porte-parole du ministère de la Défense.

« Et bien sûr, nous constatons également […] que les attaques hybrides sont en augmentation globale. Et c’est naturellement un élément que nous prenons en compte, que nous évaluons et sur lequel nous basons nos actions. »

Actuellement en phase de « détection précoce des menaces »

OPLAN est un concept visant à coordonner les actions des acteurs militaires et civils afin de permettre à l’Allemagne de remplir son rôle de plaque tournante du transit. La version actuelle serait une version allégée de 24 pages, selon Politico. OPLAN décrit un modèle d’escalade en cinq étapes.

Ce dispositif vise à englober l’ensemble des actions, depuis la détection précoce des menaces et la dissuasion jusqu’à la défense nationale, la défense collective de l’OTAN et la reconstruction post-conflit. L’Allemagne se trouverait actuellement dans la première phase, axée principalement sur la coordination entre les différents niveaux de gouvernement et la mise en place de mesures logistiques et de protection.

Conformément au plan d’opérations, les unités de sécurité intérieure doivent protéger les infrastructures critiques, sécuriser les mouvements de troupes sur le territoire allemand et contribuer au maintien des fonctions de l’État. Les troupes de combat seront stationnées ailleurs. Le document souligne également le rôle des acteurs civils, qui doivent accomplir des tâches essentielles.

L’Allemagne « cible quotidienne de la guerre hybride », selon le ministre allemand de l’Intérieur

Selon Politico, le document aborde également les réseaux de transport, l’approvisionnement énergétique, les services de santé et les entreprises privées. Ces éléments sont qualifiés de « facilitateurs indispensables ». Sans eux, la mise en œuvre du plan serait impossible. La défense est impossible sans le soutien des civils, poursuit le document.

Récemment, le ministre allemand de l’Intérieur, Alexander Dobrindt, a décrit l’Allemagne comme une « cible quotidienne de la guerre hybride ».

Début décembre 2025, le président du Comité militaire de l’OTAN, l’amiral Giuseppe Cavo Dragone, a évoqué des mesures préventives, en partie offensives, dans le domaine de la guerre hybride.

Le gouvernement allemand prévoit actuellement une réforme en profondeur du Service fédéral de renseignement (BND). Un projet de loi propose, entre autres, d’autoriser explicitement le BND à mener, pour la première fois, des opérations de sabotage, des cyberattaques et des perquisitions secrètes dans des domiciles privés.