Les banques redoublent d’efforts pour séduire les automobilistes tentés par l’électrique. Entre taux préférentiels et nouvelles primes, certaines banques dégainent un sacré arsenal financier, dont le taux à 1 %. Mais ces offres sont-elles vraiment avantageuses pour tous les profils d’acheteurs ?

L’achat d’une voiture est, à quelques exceptions près, pas vraiment un très bon investissement. La financer encore moins car, évidemment, tout financement se paie, qu’il s’agisse d’un crédit classique ou d’une LOA / LLD.

La recherche d’un taux préférentiel est évidemment en corrélation avec l’achat d’une auto, car rares sont les clients pouvant acheter leurs voitures neuves ou d’occasion cash. Et depuis quelques mois, pour ne pas dire quelques années, nous voyons fleurir quelques offres plutôt intéressantes chez certaines banques concernant les voitures électriques afin « d’encourager l’achat de modèles électriques » peut-on lire dans les encarts.

Des formules plus avantageuses pour les voitures électriques

Premier constat : l’écart de traitement entre véhicules 100 % électriques et hybrides ou thermiques est saisissant. Par exemple, le CIC affiche un taux fixe à 1 % pour les modèles électriques contre 5,01% pour les hybrides, soit plus de cinq fois supérieur. Rien n’est mentionné pour les thermiques, impliquant sans doute un taux encore plus élevé.

Cette stratégie commerciale agressive sur l’électrique pur reflète certes les ambitions écologiques affichées, mais elle révèle aussi une réalité économique : les banques misent sur un marché porteur et veulent capter leur part du gâteau.

Prenons un exemple concret pour mesurer l’impact. Sur un emprunt de 10 000 euros sur cinq ans, la différence de coût total atteint plus de 1 000 euros entre les deux formules. Une somme non négligeable qui pourrait faire basculer certains indécis vers le tout-électrique.

Mais attention : ce taux attractif ne concerne que des montants pouvant grimper jusqu’à 75 000 euros, sans apport requis. De quoi faciliter l’accès à des modèles haut de gamme, mais aussi risquer de pousser certains ménages vers un endettement excessif.

Le casse-tête des aides publiques

Le resserrement des conditions d’obtention du bonus écologique a aussi rebattu les cartes. Exit l’aide directe de l’État, place aux certificats d’économie d’énergie et à la nouvelle prime « Coup de Pouce » qui oscille entre 3 000 et 4 600 euros selon les revenus. Le hic ? Ces dispositifs ne sont pas cumulables entre eux, et leur complexité administrative risque d’en décourager plus d’un.

Autre contrainte de taille : le fameux « éco-score » qui privilégie les véhicules fabriqués en Europe. Noble intention sur le papier, mais qui limite drastiquement le choix des clients et écarte de facto de nombreux modèles asiatiques pourtant compétitifs. Sans oublier le plafond de prix à 47 000 euros et la limite de poids à 2,4 tonnes qui excluent certains SUV électriques, pourtant très prisés du public.

Location ou achat : un choix loin d’être anodin

Face à l’incertitude technologique qui plane (encore) sur le secteur (autonomie des batteries, infrastructures de recharge, évolution rapide des modèles), la formule locative séduit de plus en plus.

La LOA et la LLD présentent l’avantage de diluer le risque d’obsolescence et d’inclure l’entretien dans le forfait mensuel. Mais elles présentent aussi un revers : on ne devient jamais vraiment propriétaire, ou seulement au terme d’un long engagement.

Le crédit classique conserve donc ses atouts pour ceux qui roulent beaucoup ou souhaitent garder leur véhicule au-delà de cinq ans.

Ces offres de financement constituent indéniablement un coup de pouce bienvenu dans un contexte où les prix des véhicules électriques restent élevés. Reste à chaque automobiliste d’évaluer sa situation avec lucidité : capacité de remboursement, usage réel du véhicule, horizon de détention. Car un taux alléchant ne fait pas tout, surtout quand on s’engage sur plusieurs années.