i vous portez des verres progressifs, vous savez de quoi je vais parler : bouger la tête sans cesse pour trouver la zone de netteté. C’est infernal. La start-up finlandaise Ixi promet de régler ça avec des lunettes capables de faire le point toutes seules. Le prototype pèse 22 grammes, mais il faudra attendre 2027.
Vous avez déjà vu quelqu’un avec des verres progressifs essayer de lire un menu au restaurant ? Cela semble être un calvaire. C’est le problème universel de la presbytie : les verres actuels sont des compromis optiques avec des zones de flou inévitables. Ixi, une entreprise finlandaise, pense avoir la solution.
Leur concept est simple : des lunettes qui font le point à votre place. Le prototype, dévoilé récemment, pèse à peine 22 grammes.
C’est ridiculeusement léger pour de la « tech » embarquée. Pour comparer, une paire de Ray-Ban Wayfarer classiques pèse environ 45 grammes. Mais derrière ce poids plume se cache une promesse lourde : la commercialisation n’est prévue que pour 2027.
La magie des cristaux liquides
Comment ça marche ? Ce ne sont pas de petits moteurs mécaniques qui font « bzzz » ou les verres qui coulissent. Ixi utilise une approche beaucoup plus élégante basées sur les cristaux liquides.
Le principe est ingénieux. La monture intègre des LED infrarouges et des photodiodes qui surveillent vos yeux en permanence. Le système détecte ce que vous regardez (près ou loin) et envoie une impulsion électrique aux verres. Les cristaux liquides modifient alors leur indice de réfraction, changeant la puissance du verre en temps réel.
Concrètement, ça change tout :
- Plus de distorsion périphérique : contrairement aux progressifs où tout est flou sur les côtés, ici, toute la surface du verre est nette.
- Adaptation immédiate : pas besoin de passer deux semaines à avoir mal au crâne pour « habituer son cerveau ».
- Champ de vision total : quand vous ne lisez pas, la correction de près disparaît totalement.
C’est techniquement très fort. D’autres, comme Morrow Eyewear ou DeepOptics, s’y sont déjà cassé les dents ou proposent des produits encore imparfaits. Si Ixi tient sa promesse de 22 grammes, ils auront plusieurs années d’avance sur l’ergonomie.
Le problème de la batterie et du prix
Il y a un « mais ». Et il est de taille. Ces lunettes sont un appareil électronique. Qui dit électronique, dit énergie. Vous devrez donc recharger vos lunettes de vue.
La marque reste floue sur l’autonomie. Pour un usage quotidien, si la batterie lâche à 16h, vous faites quoi ? Vous redevenez myope ? Ixi a prévu le coup avec un mode de sécurité : si la batterie est vide ou l’électronique plante, le verre revient à sa correction par défaut (probablement votre vision de loin). Rassurant pour la conduite, mais frustrant pour lire ses SMS en fin de journée.
L’autre inconnue, c’est le prix. Ixi vise clairement le segment haut de gamme. Vu la technologie embarquée (eye-tracking + verres actifs + miniaturisation extrême), on ne parle pas d’une paire remboursée à 100 % par votre mutuelle. On s’approche probablement des tarifs d’un smartphone haut de gamme. 1000 euros, et même plus.


