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Pour la première fois, le lycée professionnel Airbus de Toulouse mise sur la méthode de recrutement par simulation pour trouver ses futurs alternants en CAP. Une façon de diversifier et élargir ses effectifs.

C’est un établissement à la réussite insolente. Chaque année, 90 % des quelque 500 élèves du Lycée Airbus intègrent l’industrie aéronautique après y avoir suivi une formation. Et le taux d’obtention de diplôme, qu’il s’agisse d’un CAP, d’un Bac ou d’un certificat de spécialisation, est de 100 %.

Face aux besoins croissants de la filière, ce lycée professionnel privé et gratuit a décidé d’innover pour la rentrée prochaine. Sur les 46 places ouvertes en CAP, 16 seront pourvues grâce à la Méthode de recrutement par simulation (MRS). Un dispositif déployé en partenariat avec France Travail, qui vise à faire passer des tests pour détecter les habiletés des candidats.

« Cela permet de découvrir des talents, résume Anne-Laure Garcia, responsable d’équipe du service de la MRS à France Travail. Les candidats devront se représenter un objet dans l’espace, exécuter des gestes avec dextérité, maintenir leur attention dans la durée, travailler sous tension et en équipe, et bien sûr respecter des normes et des consignes. » Pour postuler, il suffit d’avoir entre 18 et 29 ans et d’être déjà titulaire d’un Bac ou d’un CAP.

« Nous cherchons à toucher un public très large, qui possède ou non une expérience professionnelle », souligne Anne Cocquerelle, directrice du Lycée Airbus, avant de citer les expériences réussies de reconversion d’un boucher ou d’une infirmière.

Changer la logique du recrutement

« Cela nous permet de nous faire connaître et d’accéder à des profils qui n’auraient pas forcément pensé à notre établissement. » L’enjeu est également d’attirer davantage de jeunes femmes, dans un secteur encore parfois perçu, à tort, comme réservé aux hommes. « La MRS change la logique du recrutement, pointe Anne-Laure Garcia. On ne va pas chercher un parcours, mais un potentiel et une motivation. Du côté des candidats, ils se confrontent aussi à ce qui est attendu sur le poste de travail. » Le cursus CAP dure un an, avec une alternance chez Airbus dont Anne Cocquerelle vante les mérites. « L’avantage, c’est que les gens sont payés. Et ce qui contribue à la magie de cette formation, c’est de travailler très rapidement sur les avions. »