L’actualité, c’est d’abord cette météo hivernale qui freine mardi le TGV venu de Paris. Le train accuse 45 minutes de retard et le réalisateur Michel Hazanavicius arrive in extremis à 11 h, pile sur le générique de fin de La plus précieuse des marchandises. Sept classes de sept lycées de Strasbourg et Schiltigheim ont ainsi découvert ce film d’animation en rapport avec la Shoah.

Cette même actualité rythme ensuite le débat quand des gouttes d’eau, depuis le plafond du cinéma Vox, font écho à l’épisode neigeux de ces derniers jours. Mais cela ne perturbe en rien les échanges fidèles à la hiérarchie de l’info, quand le réalisateur rappelle combien « le dessin filtre la réalité ». Un parti pris cinématographique pour mieux montrer et amortir l’horreur du passé. « Vous avez vu la semaine passée des images bien plus terribles » commente Michel Hazanavicius en pensant au drame de Crans-Montana.

L’actualité défile à vitesse grand V, le choc des photos inonde les écrans et l’horizon n’est guère réjouissant : « L’idée de la guerre se rapproche de nous » rappelle géopolitiquement le virtuose du 7e  art. Sans noircir le tableau mais en suggérant de mettre le smartphone de côté pour se tourner vers le grand écran, prendre le temps et trouver cette juste distance avec le monde qui nous entoure. Le monde d’hier, d’aujourd’hui et de demain.

Un pari sur l’avenir

Ce film, décrit comme « un pari sur l’avenir » est montré ce même jour à une centaine d’enseignants de toute l’académie dans le cadre du dispositif national “Lycéens et apprentis au cinéma”, relayé localement par l’association Le récit avec des séquences de formation transformant le cinéma en outil pédagogique.

Les films soutenus par la région Grand Est sont particulièrement mis en avant. La plus précieuse des marchandises en fait partie. Charge à Michel Hazanavicius devant son auditoire alsacien de lever aussi le voile sur les coulisses d’un film, « décortiquer comment ça marche ». D’autres comme Abd Al Malik ou Hubert Charuel, plus ou moins régionaux de l’étape, l’ont fait ici avant lui. Et avec comme double effet d’éclairer parallèlement sur toutes les facettes du métier et pourquoi pas susciter, chez ces lycéens et apprentis, d’éventuelles vocations. La plus précieuse des marchandises est à tout point de vue un pari sur l’avenir.