Laure Lavalette en novembre 2025.

THIBAUD MORITZ / AFP

Laure Lavalette en novembre 2025.

EN BREF Laure Lavalette, députée RN et proche de Marine Le Pen, officialise sa candidature aux municipales 2026 à Toulon.
Elle se présente sans étiquette visible du RN, misant sur son nom et sa notoriété médiatique.
La préfecture du Var déjà dirigée par l’extrême droite de 1995 à 2001 fait partie des villes où le RN envisage la victoire.

Toulon repassera-t-il sous pavillon RN ? C’est l’objectif de Laure Lavalette, qui vient d’officialiser sa candidature aux municipales pour le compte du Rassemblement national. Députée depuis 2022, cette proche de Marine Le Pen espère rafler la douzième ville de France et la refaire passer dans le giron de l’extrême droite, vingt-cinq ans après Jean-Marie Le Chevallier.

« Je m’appelle Laure, mère de famille de 49 ans et je me présente pour vous servir comme prochain maire de Toulon », explique-t-elle dans une « lettre aux Toulonnais ». Cherche-t-elle à cacher son appartenance politique ? Sur ce document, la députée se présente en veste blanche, sourire aux lèvres, sans aucune mention ni référence visible au RN. Son slogan ? « Un avenir pour Toulon », surmonté d’un soleil. Ni flamme, ni drapeau français. Même la charte graphique est inhabituelle pour le parti d’extrême droite, faite de couleurs très flashys.

Le RN a de bonnes chances de victoire

De fait, elle jure partir sans étiquette, simplement « soutenue par le RN ». Sur ses 59 colistiers, 30 disent ne pas être encartés. Ne cherchez pas non plus de photo de Jordan Bardella ou de Marine Le Pen, comme les dernières fois où elle s’est présentée aux élections législatives. La députée mise tout sur son nom propre, jugeant sans doute qu’elle est assez identifiée auprès des électeurs varois.

Depuis deux ans, Laure Lavalette est en effet une figure médiatique, régulièrement invitée sur les plateaux de télévision pour commenter l’actualité. C’est donc tout naturellement que l’élue a fait le tour des médias locaux, de BFM Toulon Var à Ici Matin Provence, pour présenter sa candidature.

C’est peu dire que Laure Lavalette espère gagner. Elle nourrit de vraies ambitions, aidée par les résultats qu’enregistre le RN localement. « On a des grandes chances de victoires. Le Var est patriote », déclarait-elle auprès de l’AFP il y a quelques semaines. Aux dernières législatives, le parti d’extrême droite avait réalisé un quasi grand chelem dans le département, remportant sept des huit circonscriptions. Un sondage publié en juillet dernier la créditait de 38 % d’intentions de vote au premier tour, devant la maire sortante Josée Masi.

La maire sortante n’a annoncé ses intentions.

Après plus de vingt-deux ans de gestion d’Hubert Falco, déclaré inéligible pour avoir utilisé de l’argent public à des fins personnelles, Laure Lavalette reconnaît qu’il a fait de « bonnes choses », notamment en termes de rénovation, mais estime que le centre-ville de Toulon a été « trop gâté » au détriment, selon elle, d’autres quartiers. Elle ne s’inscrit toutefois pas dans les pas de Jean-Marie Le Chevallier, maire FN de 1995 à 2001, qui avait laissé la Ville dans un état exsangue et était cerné par plusieurs affaires judiciaires.

Catholique pratiquante, notoirement opposée au mariage pour tous, Laure Lavalette est la fille d’un ancien membre du groupuscule nationaliste Ordre Nouveau. Aux municipales, elle fera notamment face au sénateur LR du Var Michel Bonnus et à la socialiste Magali Brunel. La maire sortant Josée Masi n’a pas encore annoncé si elle se représentait.