L’avocat de Hedi, grièvement blessé lors d’une intervention de la BAC en juillet 2023 à Marseille, était l’invité d’Ici Matin. Une reconstitution s’est tenue mercredi soir. Me Jacques Preziosi décrit un jeune homme encore très marqué et des policiers qui n’expriment aucun regret.

Les faits remontent à une nuit de juillet 2023, en marge des émeutes déclenchées après la mort de Naël à Nanterre. Hedi, 24 ans, est violemment interpellé par quatre policiers de la brigade anticriminalité à Marseille. Il subit de graves blessures à la tête, nécessitant l’ablation puis la pose d’une prothèse crânienne. Ce mercredi soir, le juge d’instruction a organisé une reconstitution avec les policiers mis en examen. Leur supérieure hiérarchique, la commandante de la BAC, est désormais également mise en examen pour non-assistance à personne en danger.

Un traumatisme crânien aux lourdes séquelles

Invité d’Ici Matin, Jacques Preziosi, avocat de Hedi, décrit un jeune homme toujours en soins. « Il porte des séquelles d’un très grave traumatisme crânien, qui ne sont pas encore consolidées », explique-t-il. « Des troubles de la mémoire, de l’attention, de la fatigue, un état dépressif important. »
Malgré cela, Hedi a participé à la reconstitution pendant plus de cinq heures, de 21h à 2h30 du matin. « Il a regardé dans les yeux ses agresseurs. Il a été absolument remarquable. »

Aucun regret exprimé par les policiers

Selon Me Preziosi, les policiers continuent de nier toute responsabilité. « Certains disent qu’ils ne se souviennent de rien, même pas de leurs propres déclarations », affirme-t-il, évoquant pourtant des vidéos et les conclusions de l’enquête de l’IGPN.
L’expertise médicale écarte la thèse d’un seul tir de LBD. « Il y a un tir de flashball qui fracasse la mâchoire, et ensuite des coups portés (…) qui ont provoqué le traumatisme crânien. »

La commandante de la BAC était présente lors des faits. « La reconstitution a démontré qu’elle dirigeait l’opération, qu’elle était sur les lieux et qu’elle a tout assisté », estime l’avocat, pour qui il n’est « pas possible à ce stade de dire qu’elle n’en est pas responsable. »

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