Par

Ivan CAPECCHI

Publié le

8 janv. 2026 à 11h38

Mercredi, Jeanne Barseghian et ses soutiens pour les élections municipales de 2026 ont présenté une première série de 12 mesures, chiffrant déjà deux d’entre elles. Alors que la dette s’est creusée lors du mandat en cours, on a demandé ce qu’il en serait si la maire sortante était réélue.

Strasbourg : une dette en forte hausse ces dernières années

D’après un rapport de la chambre régionale des comptes, l’endettement de la Ville de Strasbourg est passé de 194 millions d’euros à 333 millions d’euros entre fin 2019 et fin 2023, soit une hausse de 72 %. Si la collectivité poursuit la même trajectoire financière, l’encours de dette pourrait atteindre 491 millions d’euros d’ici 2027, toujours selon l’institution.

Lors de sa conférence de presse mercredi, l’équipe de campagne de Jeanne Barseghian a chiffré deux mesures : les bus 24h/24, tous les jours, dont le coût de fonctionnement est estimé à environ 1 million d’euros par an, et l’ouverture d’une médiathèque au Port-du-Rhin, qui nécessiterait un investissement d’une quinzaine de millions d’euros.

« Il n’y a pas eu tromperie sur la marchandise », rappelle Syamak Agha Babaei

Pour le premier adjoint Syamak Agha Babaei, chargé des finances, l’augmentation de la dette est assumée et cohérente avec les engagements de 2020. L’élu rappelle qu’il n’y a pas eu de « tromperie sur la marchandise » : lors de la campagne municipale, la majorité avait annoncé un « grand emprunt de la transition écologique et sociale », destiné à « financer de nouveaux équipements, l’amélioration des services publics et la résilience du territoire », notamment via la rénovation des réseaux de chaleur et les mobilités.

Il reconnaît la hausse de la dette, mais récuse toute lecture alarmiste. Selon lui, l’endettement n’est pas un « tabou », mais « un moyen pour financer un certain nombre d’investissements », largement utilisé par les grandes villes françaises.

Un indicateur de capacité de désendettement jugé réducteur

Syamak Agha Babaei critique également l’indicateur de capacité de désendettement sur 12 ans*, qu’il juge peu pertinent pour des investissements de long terme : « Quand vous faites une ligne de tram, une école ou une médiathèque, vous ne la faites pas pour 12 ans. »

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La dette permettrait au contraire de répartir le coût de projets structurants « entre les générations », tout en réduisant la charge future, notamment grâce aux économies déjà visibles, issues par exemple de la rénovation thermique des bâtiments publics.

Poursuite de la trajectoire initiée en 2020

En matière de gestion de la dette, « nous ferons demain ce que nous avons fait hier », résume Syamak Agha Babaei.

De son côté, Jeanne Barseghian assure que les mesures présentées mercredi « sont chiffrées et finançables » et que le programme à venir s’inscrira dans le cadre d’un « budget soutenable ».

*L’indicateur de capacité de désendettement sur 12 ans mesure le nombre d’années théoriques dont une collectivité aurait besoin pour rembourser toute sa dette en y consacrant l’ensemble de son épargne annuelle, 12 ans étant considéré comme un seuil d’alerte.

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