À deux reprises, lundi en début d’après-midi puis mercredi en début de matinée, la même courbe noire grimpe à la verticale sans sembler s’arrêter. Elle culminera finalement autour de 1 000 km de « bouchons » en Île-de-France, qui semblait alors paralysée par la douzaine de centimètres de neige tombés en 48 heures.

Une telle valeur recensée par le site Sytadin, géré par la Direction des routes d’Île-de-France (Dirif), est inédite. Elle est plus élevée que le denier record connu (autour de 740 km de « bouchons ») et représente deux fois et demie le cumul « exceptionnel » pour un jour de semaine.

Et pourtant, plusieurs automobilistes ont témoigné du fait que la circulation était certes au ralenti ce mercredi matin… mais fluide. Et pour cause : ces « bouchons », tels qu’ils sont affichés par Sytadin, peuvent être en réalité… de simples « ralentissements » !

Capteurs et données GPS

La vitesse est calculée à partir de capteurs électriques au sol et de données GPS. « Dès que vous êtes à moins de 30 km/h, c’est considéré comme un bouchon. Et ce n’est plus le cas au-dessus de 60 km/h », a indiqué mardi matin sur France Bleu Sophie Dupas, responsable de la Dirif. « Quand le capteur ne fonctionne pas, on donne aussi l’indication bouchon sans donner le temps de parcours », ajoutait en 2022 un agent interrogé par Le Parisien.

Il faut donc que les véhicules repassent au-dessus de 60 km/h sur un tronçon d’un km pour que ce dernier ne soit plus considéré comme un « bouchon » par Sytadin. Or, la neige a largement compliqué les conditions de circulation et incité nombre d’automobilistes à lever le pied. Beaucoup d’entre eux ont roulé à une vitesse proche de 50 km/h, sur un tracé qui était donc considéré comme un « bouchon », en particulier ce mercredi matin.

Peu de très faibles vitesses mercredi matin

D’ailleurs, la carte Sytadin de l’état des vitesses affichait très peu de tronçons en rouge, c’est-à-dire à une allure très faible, tout au long de la matinée. Il y en avait beaucoup plus lundi après-midi, soit beaucoup plus de véhicules véritablement à l’arrêt ou quasiment. Alors même que le pic de « bouchons » cumulés est semblable sur les deux jours !

Contactée à plusieurs reprises pour comprendre l’écart entre les cumuls de cette semaine et ceux lors de précédents épisodes de neige, parfois encore plus intenses, la Dirif ne nous a pas répondu. Comparer les valeurs de ces derniers jours avec les précédents records n’a pas vraiment de sens non plus. Car certains jours, notamment ceux de retour de vacances sans le moindre flocon ou juste avant le confinement de mars 2020, il s’agit souvent de véritables « bouchons » avec des automobilistes contraints de jouer l’accordéon et d’alterner des phases à l’arrêt et d’autres à très faible allure.