Un nouveau nom associé à « Qui veut être mon associé ? ». Ce jeudi à 21h10, M6 va lancer la sixième saison de son émission culte consacrée à l’entrepreneuriat. Des candidats, à la recherche de levée de fonds pour mener à bien leur projet, devront tenter de convaincre Jonathan Anguelov, nouveau venu dans le programme. « 20 Minutes » a pu échanger avec cet investisseur de 39 ans, au parcours atypique.
Racontez-nous votre parcours, celui qui vous a conduit à l’entrepreneuriat…
On va dire que je ne suis pas un startuper traditionnel. Je ne viens pas du monde de l’entrepreneuriat. Sans papa et avec une maman qui n’avait plus rien pour s’occuper de moi, j’ai grandi au sein de l’Aide sociale à l’enfance et j’ai été placé en famille d’accueil. Très jeune, j’ai investi dans l’immobilier, j’ai fait de la tech et, en 2014, j’ai cofondé Aircall [spécialisée dans la téléphonie d’entreprise et les centres d’appels, qui est devenue la 16e licorne française].
Comment avez-vous justement réussi à mettre de l’argent pour réaliser vos premiers investissements ?
A l’époque, je faisais des prêts étudiants. En parallèle de mes études, je travaillais. Tout de suite, j’ai privilégié l’achat d’appartements afin de me créer du revenu passif. Par la suite, j’ai beaucoup misé sur l’immobilier, qui demeure un moyen assez sûr pour investir son argent, et d’obtenir – si on investit bien – de gros rendements. Et puis, les gens auront toujours besoin de se loger. J’ai joué un peu au Monopoly. J’ai commencé par des chambres de service, puis des studios et un jour, un immeuble, un hôtel, puis de l’immobilier commercial et des exploitations.
Lorsque j’ai commencé à gagner plus d’argent avec Aircall, j’ai investi dans la tech, dès 2018, dans plus de quarante start-ups. Dans la vie, il faut savoir le plus possible diversifier ses investissements. Aussi, c’était une manière pour moi d’aider des entrepreneurs qui ne sont pas nés avec une cuillère en argent dans la bouche.
Quand vous vous présentiez dans une banque pour contracter un prêt étudiant, ça se passait comment ?
Je m’inventais un peu une vie (rires), mais j’avais pas mal de revenus pour un étudiant de 20 ans. Je travaillais 25 heures par semaine. Emprunter 20.000 € lorsqu’on gagne 1.000 € par mois, en réalité, cela rassure les banques. Pour ce genre de prêt, les banques ne regardent pas trop qui on est, mais plutôt l’école dans laquelle on est inscrit. Je suis entré par la fenêtre dans une école de commerce. Je suis un pur produit de la méritocratie. J’ai tout fait à la force de mon poignet.
« Je parie davantage sur des entrepreneurs que sur des projets. »
Aujourd’hui, j’ai des personnes qui investissent avec moi, notamment avec OffStone [plateforme d’investissement dans l’immobilier fondée par Jonathan Anguelov. A ce jour, il a investi près de 200 millions d’euros dans des opérations immobilières].
Comment en êtes-vous venu à rejoindre « Qui veut être mon associé ? » ?
Je regardais l’émission un peu par hasard, car je travaille très tard. Les équipes de M6 m’ont contacté, elles ont vu que j’investissais pas mal et que j’étais quelqu’un proche du peuple. Pour moi, ces équipes ont la conviction que tout le monde peut réussir et qu’elles veulent donner la chance à tous, en offrant une visibilité exceptionnelle en prime time.
Il y a environ un projet sur deux qui ne trouve pas d’investisseur au cours d’une saison, mais ça ne veut pas dire pour autant que si on n’investit pas, le projet est nul. J’ai levé 200 millions d’euros avec Aircall, et je me suis pris une centaine de refus. Nos avis ne signifient pas « échec » ou « réussite » pour un projet. « Qui veut être mon associé ? » donne de l’espoir. La France a fait le Concorde et le TGV et, depuis, j’ai l’impression qu’on est en marche arrière. Dans cette sixième saison, j’espère qu’il y aura une idée qui fera la fierté de la France.
Quelle est la patte Anguelov dans l’émission ?
J’essaie de ne pas être cassant, car cela n’aide personne, et d’être constructif, même si la prestation du porteur de projet n’est pas terrible. Je préfère lui dire ce qu’il doit améliorer et, pourquoi pas, essayer de présenter son projet plus tard, à d’autres personnes. On m’a toujours dit que je ne réussirai pas. Mais moi, je n’entendais que « réussir ».
Dans l’émission, j’essaie aussi de sortir de ma zone de confort et d’aller vers d’autres choses. Je parie davantage sur des entrepreneurs que sur des projets. Le succès d’une entreprise, c’est avant tout son entrepreneur, ses capacités, et ses équipes.
Qu’est ce qui peut faire mouche, chez vous, lors de la présentation d’un projet ?
Je suis sensible aux personnes qui connaissent et qui présentent leur projet de manière très claire leur projet, tout en témoignant d’une envie démesurée de réussir.