La direction de l’équipementier automobile Dumarey Powerglide a annoncé mercredi aux représentants du personnel son intention de fermer son usine strasbourgeoise en 2026.
« Il y a cessation d’activité pour l’usine », déclare ce jeudi Malek Kirouane, délégué syndical CGT. « Là, c’est la liquidation de 320 salariés directs. Je ne compte pas les indirects parce qu’on a des prestataires aussi. L’impact va être énorme. Sachant qu’il n’y a même pas un an, il y a eu déjà un PSE ». Ce dernier avait supprimé 234 emplois.
Le client principal de l’usine, « à 95 % », selon les syndicats, était l’équipementier allemand ZF, qui a choisi d’internaliser sa production de composants et de boîtes de vitesses, mettant fin prématurément au contrat qui le liait à Dumarey. Cela a entraîné une perte de chiffre d’affaires de l’entreprise de l’ordre de 84 %, souligne Laurent Julien, secrétaire CFDT du CSE.
Le président de Dumarey Powerglide Strasbourg, Arnaud Bailo, a confirmé aux Dernières Nouvelles d’Alsace ce projet qui « devient « inévitable et s’impose à nous » dans un contexte de « crise structurelle majeure » du secteur automobile ».
« Ils ont merdé », estime un représentant du personnel
Après le PSE de l’an dernier, la direction du site avait évoqué des pistes pour de nouveaux projets, mais la société était « tellement endettée » qu’elle ne pouvait plus « être crédible pour quoi que ce soit », a souligné Malek Kirouane. « Ils disent qu’ils n’ont plus d’argent, qu’il y a une crise automobile, que les Chinois ont pris tous les marchés… tous les arguments sont bons. Mais le problème, c’est que stratégiquement, ils ont merdé » même quand la santé financière de l’entreprise était bonne, estime le responsable syndical.
Concrètement, « trois vagues » de licenciements auront lieu en 2026, selon lui : une centaine le 1er juin, environ 200 le 1er août, et les derniers en fin d’année.
Vague de plans sociaux dans l’industrie automobile
L’entreprise, qui appartient au groupe belge Dumarey (anciennement Punch), produit historiquement des composants et des boîtes de vitesses pour différents équipementiers automobiles.
Les plans sociaux se sont multipliés chez les fabricants de pièces automobiles en France et en Allemagne. Le secteur de l’industrie automobile et des équipementiers est en proie à une crise, déclenchée par une baisse des ventes de voitures, notamment en Europe et en Chine, le marché principal des fabricants européens.