Ces 2000 pages de polar, commencées avec Bleu-Blanc-Rouge il y a un an, on y croise Mesrine et Broussard, Delon et Giscard, Pasqua, Mitterrand, les frères Zemmour, Action Directe, Le SAC, crépuscule sanglant des idéaux, les années de plomb à la française sur fond de bascule politique du pays, l’époque était violente.
Benjamin Dierstein sait la raconter avec humour et cynisme, comme il a su saisir une partie du pays d’aujourd’hui dans un de ses précédents romans, Un dernier ballon pour la route, fantastique plongée sous acide dans la France des ronds-points et des PMU. Et chaque fois notre cœur s’emballe car cet homme-là a du rythme, son écriture accélère le BPM, c’est bon, comme quand on danse très tard dans la nuit.
Il faut dire que Benjamin Dierstein vit à Rennes, le pays des teufs, et qu’il est responsable là-bas d’un label de musique électronique, Tripalium Corp. Musique avec un rythme à l’os, sans fioriture, comme la pulsation des romans de Benjamin Dierstein. Dans les deux cas allez-y, quand on commence, on ne s’arrête plus.