Le taux de vacance moyen dans le premier marché régional n’a jamais été aussi élevé. A Paris, la hausse de l’offre disponible est notamment alimentée par des immeubles restructurés qui ne trouvent pas preneurs.
Il n’y a jamais eu autant de bureaux vides en Ile-de-France. Fin décembre dernier, 6 247 000 m² étaient disponibles, soit 2% de plus sur trois mois, annonce le groupement d’intérêt économique (GIE) Immostat le 8 janvier. Il s’agit d’un nouveau record.
Il y a six ans, c’est-à-dire avant le développement du télétravail chez des employeurs bien décidés à en profiter pour réduire leur empreinte immobilière, Immostat recensait 2 790 000 m² de bureaux inoccupés en Ile-de-France. Le taux de vacance moyen dans le premier marché régional demeure historique, affichant 11%.
Des immeubles restructurés qui ne trouvent pas preneurs
Les brokers, dont la rémunération repose entre autres sur la demande de bureaux neufs ou anciens, ont de quoi s’inquiéter. Si le phénomène de la vacance bouscule depuis plusieurs années les territoires périphériques, en particulier en Seine-Saint-Denis, « la hausse de l’offre dans Paris se poursuit, alimentée à la fois par des libérations et des livraisons de programmes restructurés », observe Alexandre Fontaine, directeur exécutif chargé des bureaux en Ile-de-France au sein de JLL, membre du GIE.
Autre indicateur qui illustre la crise : la demande placée, c’est-à-dire les signatures d’un contrat de vente ou d’un contrat de bail entraînant déménagements et travaux, recule pour la troisième année consécutive pour atteindre un peu plus de 1,6 million de m² en 2025. Ce volume est inférieur d’environ 50% par rapport aux années fastes pré-Covid mais reste toutefois supérieur à 2020 (1,4 million), une année marquée par les confinements qui avaient secoué le marché.
« L’instabilité géopolitique et économique persistante, conjuguée à l’absence de réelle reprise, a empêché le traditionnel coup d’accélérateur de fin d’année sur le marché des bureaux francilien, analyse Alexandre Fontaine. Il fait preuve de résilience mais demeure dans une phase d’attente, sans véritable dynamisme. »
Ces surfaces vides représentent le principal gisement du marché de niche de la transformation de bureaux en logements, sur fond de crise de l’offre locative en particulier.