En 2025, les véhicules électriques ont représenté 23,4 % des immatriculations de voitures neuves en Angleterre, selon les chiffres de l’industrie automobile britannique publiés mardi 6 janvier, soit une belle progression.

Près d’un demi-million d’unités ont ainsi trouvé preneur, un record absolu qui confirme la dynamique de fond engagée par le pays dans la sortie progressive des motorisations thermiques. Ce niveau reste toutefois inférieur à la cible officielle de 28 %, fixée comme étape intermédiaire avant l’interdiction de la vente de véhicules thermiques neufs en 2030.

Au total, 473 348 voitures électriques ont été vendues l’an dernier, soit une progression de 23,9 % sur un an. Une performance qui place le Royaume-Uni au deuxième rang européen en volume, derrière l’Allemagne, souligne l’association professionnelle SMMT. Berlin conserve en effet la première place avec 545 000 voitures 100 % électriques immatriculées en 2025, également un record national.

Si l’on élargit le périmètre aux hybrides classiques, qui ont pesé 13,9 % du marché, et aux hybrides rechargeables, à 11,1 %, les véhicules électrifiés ont frôlé la barre des 50 % des ventes de voitures neuves au Royaume-Uni l’an passé, traduisant une mutation rapide des choix des automobilistes.

Tesla en tête, la Renault R5 se fait une place

Dans ce paysage, Tesla conserve sa position dominante. Le Model Y reste le véhicule électrique le plus vendu du pays, avec un peu plus de 24 200 unités écoulées en 2025. Malgré un recul de 26 % par rapport à 2024, le SUV devance toujours la berline Model 3.

Audi complète le podium avec ses Q4 et Q6 e-tron, suivis par une concurrence dense mêlant le Ford Explorer, la BMW i4, les Skoda Enyaq et Elroq ou encore le Kia EV3. Absente du top 10 annuel, la nouvelle R5 a néanmoins signé un démarrage remarqué après son lancement en cours d’année, allant jusqu’à se hisser à la première place des ventes mensuelles en octobre, devant Tesla.

Autre tendance marquante, la montée en puissance des constructeurs chinois. Portées par des volumes significatifs chez MG, avec plus de 85 000 unités vendues, BYD, à 51 400 unités, et Jaecoo/Omoda du groupe Chery, proche des 54 000 ventes, ces marques représentent désormais près de 10 % du marché britannique.

C’est un contraste saisissant avec la France, où leur part oscille encore entre 2 % et 3 %. Cette progression intervient dans un contexte réglementaire exigeant. Le Royaume-Uni maintient son cap vers l’interdiction des véhicules thermiques neufs en 2030, avec un délai jusqu’en 2035 pour les hybrides.

Une stratégie volontariste qui entretient un flou

Une stratégie qui le place parmi les pays les plus volontaristes, d’autant plus après la décision prise mi-décembre par l’Union européenne de prolonger la vente de voitures thermiques neuves au-delà de 2035, même si cette possibilité resterait très encadrée. Cette divergence inquiète l’industrie.

« La divergence entre le Royaume-Uni et le marché bien plus vaste à sa porte s’accentue », alerte la SMMT, rappelant que « l’objectif de ventes zéro émission » imposera dès l’an prochain que les véhicules entièrement électriques représentent « une voiture neuve sur trois ».

Les constructeurs dénoncent également le fait qu’à peine un quart des modèles disponibles soient éligibles à la prime à l’achat et critiquent l’annonce d’une taxe kilométrique à partir de 2028, qui « envoie un message déroutant aux consommateurs ».

Dans l’ensemble, 2,02 millions de voitures ont été immatriculées au Royaume-Uni en 2025, en hausse de 3,5 % sur un an. Sans surprise, les ventes de diesel ont reculé de 15,6 % et celles de véhicules à essence de 8 %, confirmant l’érosion continue des motorisations traditionnelles.

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Pour résumer

Le virage de la voiture électrique du marché britannique s’accélère, mais pas encore au rythme fixé par le gouvernement. Malgré une année historique pour les ventes de voitures à batteries, le Royaume-Uni reste en deçà de ses ambitions et réfléchit à forcer la transition dès 2030.

Rédacteur

Emmanuel Touzot