Après son boycott à l’hôpital de Pau, de la Timone, à Marseille ou encore d’Angers, c’est au CHU de Saint-Etienne qu’il vient de perdre sa place.

Depuis le 5 janvier, l’hôpital a arrêté l’approvisionnement mural du plus vieux médicament anesthésiant : le protoxyde d’azote (N₂O).

Cette décision s’inscrit dans la politique de responsabilité sociétale et environnementale (RSE), engagée par l’établissement qui entend réduire durablement l’impact environnemental des activités de soins qu’il dispense. Une décision prise en concertation avec les équipes médico-soignantes qui y étaient exposées. Des bouteilles individuelles resteront disponibles si une indication médicale le justifie.

Une durée de vie atmosphérique dépassant 120 ans

Avec son potentiel de réchauffement global 289 fois supérieur à celui du CO₂, une fois rejeté, ce gaz à effet de serre ultra-puissant participait à la destruction de la couche d’ozone avec une durée de vie atmosphérique dépassant 120 ans.

Dans les établissements de santé, on le retrouvait dans les blocs opératoires jusque-là équipés de circuits dédiés à ce gaz. Des circuits connaissant des fuites de ses réseaux qui représentaient jusqu’à 90 % de sa consommation réelle. Les fuites, invisibles, de ce comburant augmentaient également le risque d’incendie dans les bâtiments hospitaliers.

12 000 euros d’économies par an

Malgré les efforts engagés depuis plus de dix ans par les équipes d’anesthésie (ayant permis de réduire de 80 % les consommations individuelles), le réseau mural du CHU abritait encore 1,56 million de litres de N₂O en 2024, soit l’équivalent de 620 tonnes de CO₂.

Avec l’arrêt de cet approvisionnement, c’est une empreinte carbone annuelle de près de 50 Français qui ne sera plus émise et 12 000 euros d’économies par an qui seront réalisées.

Au-delà de son impact environnemental, le protoxyde d’azote présentait, depuis quelques années, un intérêt médical limité en anesthésie générale avec des risques pour la santé des professionnels qui y étaient exposés de manière chronique avec, parmi les effets décrits, des maux de tête, étourdissements, nausées et même troubles reproductifs.