La rentrée scolaire a pris une tournure glaciale à l’école Torigné, dans le quartier du Blosne, lundi 5 janvier. À leur arrivée, les familles ont été informées que les températures à l’intérieur des locaux étaient anormalement basses, et ont été incitées par les personnels éducatifs à ramener leurs enfants à la maison. En cause : des problèmes techniques rencontrés par le prestataire Engie sur le réseau de chaleur urbain desservant le quartier.

Chauffages d’appoint supplémentaires

« Quand j’ai amené ma fille à l’école lundi matin, je n’ai pas pu la laisser », confie Ourdia, mère d’une petite fille scolarisée en maternelle. « Il faisait trop froid, elle est rentrée avec moi ». Toutes les familles n’ont pas pu s’organiser de cette façon. « Mon fils a dû garder son manteau et son écharpe à l‘école », déplore Walid. « Je ne sais pas quelle température il faisait, mais il était frigorifié ».

On ne sait pas du tout quand la situation va se décanter

Face à l’urgence, la ville de Rennes a procédé ce jeudi matin à la livraison de chauffages d’appoint supplémentaires dans l’établissement. Les élèves présents ont été regroupés dans les quelques salles de classe correctement chauffées. « On a essayé d’aménager au mieux pour assurer la continuité de l’enseignement », explique une membre de l’équipe éducative sous couvert d’anonymat ». Maintenant on attend des réponses d’Engie. On ne sait pas du tout quand la situation va se décanter. Ça sera peut-être demain… ou dans trois semaines ».

Plusieurs établissements concernés

L’école Torigné n’est pas un cas isolé. Contactée par Le Télégramme, la municipalité précise que cinq établissements sur les 89 que compte la ville ont été touchés par des pannes ou des difficultés de chauffe lors de cette reprise après les vacances de Noël. « Les équipes de la Ville se sont rapidement mobilisées pour procéder aux réparations nécessaires et fournir aux classes concernées des chauffages d’appoint », indique la mairie.

Les causes de ces incidents varient selon les établissements. À l’école Contour Saint-Aubin, la montée en température a été freinée par la « rudesse du froid », tandis qu’à l’école Camille-Claudel, ce sont des travaux sur le site voisin de l’Institut d’Études Politiques qui ont perturbé le réseau. Des infiltrations d’eau ont causé une panne électrique à Jean-Rostand, alors qu’un problème localisé a impacté une classe à l’école Guillevic. Mercredi matin, c’est le système de chauffage de l’école Nelson-Mandela qui a montré des signes de faiblesse.

Des bâtiments vétustes

Une situation qui interpelle les organisations syndicales. « Faire tourner autant de chauffages d’appoint pour chauffer des écoles, c’est malheureusement un gouffre énergétique », note Emmanuelle Maray, secrétaire départementale du syndicat SNUIPP FSU en Ille-et-Vilaine. « La semaine n’a pas été évidente. Quand on arrive dans une classe où il fait 6 degrés, c’est compliqué. Heureusement, les familles ont compris le problème et les enfants ont pu être gardés chez eux quand c’était possible. Ça a fait moins de salles à chauffer aux chauffages d’appoint. Même si ça n’était pas idéal, des solutions ont toujours été trouvées ».

Un certain manque d’anticipation est quand même mis en cause, notamment à l’école Contour Saint-Aubin où le chauffage n’a été relancé que quelques heures avant l’arrivée des élèves. Un délai jugé insuffisant pour un bâtiment vétuste et mal isolé. « Il aurait fallu faire ça la veille », estime Emmanuelle Maray. « La rénovation des bâtiments anciens est un vrai sujet. L’été, il y a aussi un problème avec les fortes chaleurs. Tout ne peut pas être rénové en même temps, mais c’est une grande priorité pour la Ville ».