Comme on le fait avec tous les établissements du département, on a très souvent l’occasion – à peu près une fois par mois – de faire le point avec la direction de la clinique de Pau mais également avec celle de GBNA, groupe régional qui dirige depuis cinq ans les cliniques Marzet et Navarre. Il y a quelques semaines, lors d’une rencontre, ils nous ont fait part des très grandes difficultés d’ordre budgétaire que rencontre le groupe d’un point de vue général mais surtout la clinique de Pau. Il y a une situation de déséquilibre économique très importante. Donc des difficultés à…
Comme on le fait avec tous les établissements du département, on a très souvent l’occasion – à peu près une fois par mois – de faire le point avec la direction de la clinique de Pau mais également avec celle de GBNA, groupe régional qui dirige depuis cinq ans les cliniques Marzet et Navarre. Il y a quelques semaines, lors d’une rencontre, ils nous ont fait part des très grandes difficultés d’ordre budgétaire que rencontre le groupe d’un point de vue général mais surtout la clinique de Pau. Il y a une situation de déséquilibre économique très importante. Donc des difficultés à maintenir l’ensemble de leurs activités.
Et une inquiétude qu’on partage sur le devenir de la maternité de la clinique. Il y a deux maternités à Pau, celle de l’hôpital et celle de la clinique installée depuis très longtemps. Elle a eu beaucoup d’activité. À un moment, elle avait un nombre de naissances supérieur à celui de l’hôpital. Ce qui les inquiète, c’est que l’activité a beaucoup diminué ces dernières années : à son pic, il y a une dizaine d’années, il y avait plus de 1 700 accouchements par an. En 2025, le chiffre devrait être aux alentours de 900 voire en dessous… L’activité a presque diminué de moitié…
Il faut aussi prendre en compte que la maternité de l’hôpital fait partie de celles qui ont la technicité la plus importante pour prendre en charge les accouchements qui sont les plus difficiles ou les plus à risques. C’est une maternité de niveau 3 quand celle de la clinique est de niveau 1.
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Qu’est-il ressorti de cet échange ?
Ils nous ont fait part de leurs inquiétudes et nous les avons invités à prendre toutes les dispositions qu’il fallait pour essayer de maintenir cette maternité à l’échelle du territoire. Si cette maternité devait fermer, il ne resterait plus que celle de l’hôpital de Pau pour desservir toute la partie est du département, soit entre 300 000 et 400 000 personnes.
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Avec une seule maternité sur le territoire suite aux fermetures déjà enregistrées à Oloron et Orthez, faudrait-il évoquer une forme de désert médical ?
Non. D’autres départements sont dans la même situation. Qui plus est, c’est une coïncidence, mais l’hôpital de Pau a inauguré un nouveau bâtiment dédié aux femmes et aux enfants avec un plateau technique d’obstétrique dimensionné, des équipes de gynéco-obstétriciens, d’anesthésistes, de pédiatres, qui sont importantes et rodées à ces activités complexes. Si cette maternité de la clinique devait s’arrêter, on aurait le recours à l’hôpital de Pau et on ne pourrait pas à proprement parler de désert médical.
Néanmoins ce qu’on a demandé au groupe, c’est de prendre ses dispositions pour maintenir cette activité. C’est une situation qui est de leur ressort. La diminution très forte de l’activité, c’est la responsabilité de la polyclinique même s’il y a d’autres facteurs qui rentrent en ligne de compte comme la baisse tendancielle du nombre d’accouchements en France qui affecte également notre département. On en est là aujourd’hui. On a également informé et associé l’hôpital de Pau aux difficultés de la polyclinique dans l’hypothèse où la maternité devrait arrêter ses activités parce que pour le coup, il faudrait que l’hôpital de Pau soit en mesure d’absorber cette augmentation d’activité : 800 ou 900 accouchements, ce n’est quand même pas rien.
Avez-vous fixé une date limite ?
Non. Le groupe qui est propriétaire des deux cliniques est responsable de ses activités et il est tenu de mettre en place toutes les dispositions réglementaires qui s’imposent à toutes les maternités de France, pour assurer la qualité des soins. Nous sommes sur ces questions-là : qualité et sécurité. On a demandé à la clinique de mettre en place tout ce qu’il faut pour les garantir. Et en parallèle, on anticipe les conséquences qu’une fermeture pourrait avoir. On en est là.
On ne peut pas obliger un établissement privé à maintenir une activité lorsque les conditions de sécurité et de qualité ne peuvent plus être réunies. Maintenir cette maternité sur Pau, on le souhaite, on le leur a dit à plusieurs reprises, aussi bien à l’ARS de Pau que le directeur général de l’ARS Nouvelle-Aquitaine qui a eu des contacts avec la direction du groupe. Si la clinique choisit malgré tout de la fermer, notre objectif sera d’accompagner l’hôpital de Pau pour s’assurer qu’il soit en mesure d’absorber cette activité supplémentaire.
Mais aucun timing n’émerge ?
On a demandé à la clinique de se donner tous les moyens de maintenir cette activité mais s’il s’avère qu’elle ne peut pas y parvenir, nous avons été clairs : il ne sera pas possible de fermer la clinique du jour au lendemain. Nous sommes prêts à les aider sur un laps de temps très court pour assurer une période de transition dans l’hypothèse où cette maternité ne pourrait pas maintenir son activité : il faudra quand même quelques mois pour qu’un établissement comme l’hôpital de Pau puisse s’organiser car il ne s’agit pas que de locaux mais aussi de renforcer les équipes médicales, paramédicales, sages-femmes pour assurer la transition dans de bonnes conditions.
Il y a l’acte d’obstétrique à proprement parler mais surtout le suivi très en amont pendant les neuf mois de grossesse. Et ensuite tout ce qui se passe après l’accouchement. Ça ne peut pas s’arrêter du jour au lendemain sans passage de relais dans les bonnes conditions… On sera fixés très rapidement. Nous sommes prêts à toutes les éventualités.
Le groupe GBNA qui dirige la polyclinique paloise n’a pas donné suite à nos sollicitations.