Les grosses chutes de neige qui ont paralysé une grosse partie des transports franciliens depuis lundi ne l’avaient pas perturbé d’un iota. Le Câble C1 a fonctionné sans encombre mardi et mercredi, enchantant ses passagers qui y ont vu un petit goût de vacances à la montagne.

Mais ce jeudi, la nouvelle ligne qui relie par les airs Créteil à Villeneuve-Saint-Georges va connaître sa première interruption, moins d’un mois après son inauguration, annonce Île-de-France Mobilités (IDFM), l’autorité régulatrice des transports en Île-de-France.

En cause, son ennemi juré : le vent. Le Val-de-Marne a été placé, comme 28 autres départements, en vigilance orange aux vents violents. Le passage de la tempête Goretti doit en effet provoquer un fort épisode venteux sur le nord ouest du pays. Particulièrement dans la Manche, placée en vigilance rouge, où les autorités attendent un « épisode climatique exceptionnel ».

Dans le département, la vigilance commencera à 22 heures, annonce sur X la préfecture du Val-de-Marne. Outre des perturbations attendues sur le réseau ferré, les rafales vont perturber le bon fonctionnement du câble.

Les cabines ne circuleront pas à partir de ce jeudi soir 21 heures et jusqu’à ce vendredi midi. « Si le temps permet de rouvrir un peu avant, ce sera fait, mais les éléments météorologiques à nos dispositions actuellement prévoient une réouverture possible à midi », précise Transdev, qui exploite le câble C1 pour le compte d’IDFM.

L’opérateur a communiqué dès ce jeudi matin

Un scénario qui ne devrait pas se produire si régulièrement. Depuis le début des essais en mai, la situation ne s’était jamais présentée. Et selon les statistiques présentées par Transdev, sur les 35 dernières années, « les coupures n’auraient pas excédé quelques heures ».

Mais par précaution, l’opérateur a communiqué dès ce jeudi matin sur ses réseaux sociaux « pour que les usagers comprennent ce qu’il pouvait se passer » et donc puissent s’adapter au cas où, indique Estelle Méléard, directrice clients chez Transdev. « Et puis, déjà avec un vent à 40 km/h, la cabine bouge un peu plus. Donc il s’agissait aussi de rappeler aux gens qu’il n’y a pas d’inquiétude à avoir, qu’on a deux limites très définies au-delà desquelles on doit ralentir ou arrêter la circulation. »

En l’espèce, les procédures prévoient que si les rafales excèdent 70 km/h, la vitesse du téléphérique est ralentie, pour éviter que les passagers ne soient trop malmenés, notamment si le vent est en sens latéral. Et au-delà de 90 km/h – comme le prévoit ce soir Météo France – toutes les cabines rentrent au garage, à la station de Limeil-Brévannes.

Une navette de substitution

En temps normal, ce sont les caméras fixées sur les pylônes et les instruments de mesure placés au niveau des stations qui donnent le la. Leurs données sont compilées au centre de commandement du téléphérique, à Limeil-Brévannes. Quand les mesures deviennent inquiétantes pour le fonctionnement du téléphérique, des alarmes sont programmées pour alerter les opérateurs. « Les ralentissements sont même automatiques à certaines vitesses de vent », précise Axel de la Moissonnière, responsable du C1 pour Transdev.

Mais l’autorité régulatrice des transports a préféré prendre les devants et interrompre la ligne au vu de la certitude du phénomène annoncé. Comme c’est aussi Transdev qui opère le réseau de bus autour du câble, ce sera d’autant plus simple pour l’opérateur de mettre en place une navette de substitution. Elle doit prendre le relais dès ce jeudi soir à partir de 21 heures.