Par

Julie Bossart

Publié le

8 janv. 2026 à 19h32
; mis à jour le 8 janv. 2026 à 19h46

Charlotte Gainsbourg va pouvoir continuer à faire vivre la mémoire de son père à Paris, et le public continuer à se rendre en pèlerinage rue de Verneuil (7e). Le 18 septembre 2024, un an à peine après son ouverture au public, la célèbre Maison Gainsbourg a été placée en redressement judiciaire pour cessation de paiements. La menace d’une liquidation vient d’être écartée, le tribunal des affaires économiques de Paris ayant, ce jeudi 8 janvier 2026, tranché pour le plan de cession déposé par l’homme d’affaires Philippe Dabi, a appris actu auprès de Me Jean Aittouares, confirmant une information de L’Informé.
« Charlotte Gainsbourg est très très soulagée », consent à nous confier son avocat. C’est la fin d’une longue période de désillusions et déboires judiciaires pour l’actrice, mais aussi un nouveau départ pour le musée : « En réalité, ce qui va désormais être mis en œuvre est ce qui aurait dû l’être dès le premier jour », rectifie le conseil.

En conflit avec Dominique Dutreix

Si les deux espaces qui composent la Maison Gainsbourg (l’ancienne maison familiale et un musée-librairie-bar) ont vu défiler sans discontinuer des admirateurs du chanteur décédé en 1991, en coulisses, la société d’exploitation de l’hôtel particulier de Serge Gainsbourg et de ses annexes (SEHPSGA) a rapidement cumulé les impayés : 1,65 million de dettes, en plus du prêt de 3 millions d’euros contracté pour lancer la Maison Gainsbourg. Une insolvabilité due en grande partie au conflit judiciaire opposant Charlotte Gainsbourg à son associé, Dominique Dutreix. Dans le jugement du tribunal des affaires économiques, que nous avons pu consulter, sont évoqués « une mésentente persistante entre les associés et des dysfonctionnements au sein de la gérance ».

Selon la fille de l’artiste et de Jane Birkin, son coassocié à 50 % au sein de la SEHPSGA aurait caché les difficultés financières de la société et n’aurait pas investi les sommes promises. Depuis, le promoteur a été condamné par la cour d’appel de Paris au remboursement de 988 383 euros « à titre d’avance en compte courant ». Une somme prélevée sur le compte courant de la Maison Gainsbourg et qui explique le placement en redressement – il avait annoncé se pourvoir en Cassation. Dominique Dutreix est également poursuivi au pénal pour abus de bien social – le procès 5 janvier, qui devait se tenir lundi, a été renvoyé.

Pour sauver le musée consacré à son père, Charlotte Gainsbourg a pu compter sur le soutien de Philippe Dabi, fondateur du groupe Bioclinic et notamment administrateur au Paris FC. Classé parmi les 500 plus grandes fortunes tricolores selon Challenges, il a avancé son amitié avec l’actrice pour lui venir en aide. « Il n’y avait pas de projet de ma part ou de volonté économique, indiquait-il en septembre au Parisien. (..) C’est l’homme, l’ami, qui investit, même si l’entrepreneur n’est jamais loin, pour faire repartir la Maison Gainsbourg sur des bonnes bases. Je serai discret, je ne revendique aucune fonction. »

Des développements prévus

De fait, le tribunal de commerce a accepté son offre de reprise par cession acquisition de la SEHPSGA. Il a écarté les deux plans de continuation déposés – l’un par Charlotte Gainsbourg, l’autre par Dominique Dutreix. L’offre retenue consiste en l’apport de 850 000 euros, via Avoda, la société patrimoniale personnelle de Philippe Dabi, et la création d’une société ad hoc, Yente. L’homme d’affaires présidera cette dernière, que Charlotte Gainsbourg détiendra en partie – « Elle a pu entrer au capital, à titre minoritaire », souligne Me Jean Aittouares. Pour Philippe Dabi, sa participation au projet de reprise était « indispensable pour assurer la pérennité de la Maison Gainsbourg », peut-on lire dans le jugement.

La société Arteum Musées, quant à elle, reste gestionnaire du fonds de commerce. À noter que, dans son offre de reprise, Philippe Dabi prévoyait le développement d’expositions temporaires et hors les murs, de la privatisation du Gainsbarre et l’augmentation des tarifs de la billetterie. 

Personnalisez votre actualité en ajoutant vos villes et médias en favori avec Mon Actu.