Interrogé mercredi lors des questions au gouvernement mercredi, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a loué l’augmentation des moyens dédiés à la lutte contre le terrorisme depuis 2015.

Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a indiqué mercredi que 93 projets d’attentat avaient été «déjoués» depuis 2012, ajoutant que 62 d’entre eux l’ont été depuis 2017. Interrogé au cours des questions au gouvernement mercredi, l’ancien préfet de la police de Paris est revenu sur l’évolution de la lutte antiterrorisme sur le sol français.

«Il y a 11 ans, il y a eu une attaque à Charlie Hebdo. Le lendemain, c’était Clarissa Jean-Philippe à Montrouge et puis le surlendemain, c’était l’attaque de l’Hypercacher», a commencé le ministre au cours d’un bref rappel historique, face aux députés.


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«Depuis 2015, tout a changé dans ce pays en matière de suivi de la menace terroriste. Tout a changé depuis 2015 sous le quinquennat de M. Hollande. Puis, avec l’élection de M. Macron, nous avons significativement renforcé nos moyens contre la menace terroriste», a-t-il assuré, citant le renforcement des moyens «des services de renseignement», «budgétaires», de «criblage», «de suivis», «de la coopération internationale».

Laurent Nuñez a ensuite sorti les chiffres. «Nous avons déjoué 93 attentats en France depuis 2012, dont 62 depuis 2017», a comptabilisé le ministre devant les députés, estimant que «les flux migratoires sont maîtrisés».

Diminution des actions terroristes

Courant février, le directeur de la section antiterroriste de la Direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI) avait indiqué que 79 projets d’attentats avaient été «collectivement déjoués» en France depuis 2015. «Depuis 2015, on a déjoué 79 projets d’attentats. La DGSI en a déjoué 71 (…) on a la certitude, à de nombreuses reprises, d’avoir déjoué de véritables attentats, on a la certitude d’avoir sauvé des vies, des dizaines de vies», avait-il dit, avant d’ajouter que «la menace terroriste reste très élevée en France».

«La situation au Proche-Orient, et dans d’autres zones du monde, appelle à la vigilance et peut attiser des velléités de passage à l’acte sur notre pays. La diminution des actions terroristes, en volume par rapport à la période que nous avons connue entre 2015 et 2017, et la réussite des Jeux olympiques, peuvent nous le faire oublier, mais la menace reste pérenne», avait alors poursuivi le patron de la section antiterroriste, sous couvert d’anonymat.

Selon lui, les profils ont évolué: «70% des individus qui ont été interpellés depuis 2023 ont moins de 21 ans». Les mineurs sont «assez rares», les agents font parfois face à des jeunes «de 14 ans qui sont très déterminés», des adolescents souvent «inconnus des services de police, notamment en raison de leur jeune âge» et qui ne sont pas dans le «spectre» de la DGSI.