Par La Rédaction Peaches

– Publié le 08 Jan 2026 à 19:10

Fatigue qui ne passe pas, vide intérieur, irritabilité pour un rien : de plus en plus d’actifs glissent vers l’épuisement émotionnel sans le savoir. Comment repérer ces signaux avant la chute et changer de trajectoire ?

Les fêtes viennent à peine de se terminer, les guirlandes ont regagné leurs cartons et tout le monde parle de bonnes résolutions pour 2026. Sur le papier, cette période devrait donner un coup de fouet. Pourtant, au lieu de surfer sur cet élan, certains ont l’impression d’avancer à vide, avec une batterie interne bloquée dans le rouge, incapable de se recharger même après une nuit complète de sommeil.

Ce n’est pas juste un petit coup de mou ou la digestion difficile des repas de fin d’année. C’est une lourdeur qui s’installe partout : se lever devient pénible, la moindre demande paraît énorme, les émotions semblent à la fois trop fortes et complètement anesthésiées. Ce sentiment de se sentir vidé sans raison ne sort pas de nulle part, il porte un nom, il peut s’aggraver, et il existe des façons d’intervenir avant la vraie chute.

Fatigue ou épuisement émotionnel : quand se sentir vidé n’est plus anodin

L’épuisement émotionnel désigne un état d’usure profonde lié à un stress qui dure, à une pression constante, à une charge mentale qui ne se met jamais en pause. Le corps et le psychisme finissent par être saturés. Ce n’est pas réservé aux cadres sursollicités : parents, aidants, étudiants, indépendants ou salariés précaires peuvent s’y retrouver, parfois sans mettre de mot précis sur ce qu’ils traversent.

La grande différence avec une fatigue « normale », c’est que le repos n’y change presque rien. Même après un week-end entier à ne rien faire ou quelques jours de congés, la sensation d’être à plat reste là, comme si le réservoir ne se remplissait plus. Des données de santé publique en Suisse montrent d’ailleurs que 30,3 % des actifs occupés se déclaraient émotionnellement épuisés en 2022, avec 41,0 % des jeunes femmes de 16 à 24 ans concernées, contre 14,4 % des jeunes hommes. Ce vécu de vide intérieur est donc loin d’être un cas isolé.

Les signes d’un épuisement émotionnel caché derrière ce vide intérieur

Le corps parle souvent avant la tête. Quand l’épuisement émotionnel s’installe, il ne reste pas que dans le mental, il se manifeste physiquement. La fatigue devient écrasante et ne disparaît pas après une nuit de sommeil, au contraire le moment du coucher peut devenir source de tension avec des insomnies, des réveils multiples ou, à l’inverse, une envie irrépressible de se réfugier au lit dès que possible.

Certains signaux reviennent souvent :

  • une fatigue intense qui ne cède pas au repos ;
  • des troubles du sommeil, entre insomnies, réveils nocturnes ou hypersomnie refuge ;
  • des tensions musculaires au niveau de la nuque, des épaules ou du dos ;
  • des maux de tête fréquents, parfois de vraies migraines ;
  • des troubles digestifs récurrents sans cause médicale retrouvée.

Sur le plan émotionnel, l’irritabilité augmente, parfois pour des détails du quotidien qui d’habitude glissent : une remarque banale, une tasse laissée dans l’évier, un mail en plus. Les larmes montent vite ou, au contraire, plus rien ne touche vraiment. Beaucoup décrivent l’impression d’être en pilote automatique, de faire ce qu’il faut mais sans y être vraiment, comme spectateur de sa propre vie. Ce détachement peut aller de pair avec un repli sur soi, une perte de plaisir, un cynisme grandissant pour tout ce qui demandait autrefois de l’investissement.

Comment sortir de l’épuisement émotionnel avant la chute ?

La première étape consiste à reconnaître ce qui se joue. Se dire simplement « je manque de volonté » entretient la spirale. L’épuisement émotionnel résulte souvent d’une accumulation de micro-stress ignorés : pression pour « réussir son année », charge mentale domestique, urgences professionnelles, notifications qui ne s’arrêtent jamais. Prendre un papier et un crayon, lister ce qui vide votre énergie sur une journée type, aide à repérer ces « vampires énergétiques » : une relation tendue, un trajet éprouvant, des horaires impossibles, mais aussi des exigences intérieures irréalistes.

Une fois ces fuites repérées, l’enjeu est de fermer quelques robinets. Dire non à une demande supplémentaire, refuser de répondre à des messages tard le soir, espacer les contacts avec certaines personnes, réorganiser son planning pour retrouver des plages de respiration : ce sont autant de façons de commencer à remonter la pente. Réintroduire des moments gratuits, sans objectif de performance, compte aussi : marcher au grand air, écouter de la musique, lire sans but précis, ou mettre en place un rituel du soir apaisant, loin des écrans. Une tisane de camomille ou de valériane peut faire partie de ce rituel, à intégrer avec prudence, surtout en cas de traitement ou de grossesse, en en parlant à un professionnel de santé. Quand le brouillard devient trop dense, que le fonctionnement au quotidien se grippe ou que des idées très sombres apparaissent, échanger avec un médecin, un psychologue ou un thérapeute offre un espace pour déposer ce poids et construire, pas à pas, un mode de vie plus respectueux de vos limites.