C’est une drôle de surprise pour l’armée ukrainienne. Selon Le Parisien, parmi les drones russes de type Shahed-136 abattus sur le territoire ukrainien le 5 janvier dernier, l’un d’eux avait une spécificité nouvelle et inquiétante : il portait un missile Igla-S. Cette découverte n’est pas anodine puisqu’elle marque un tournant dans l’utilisation de ces drones, qui étaient jusqu’ici cantonnés à des missions de frappe ou de harcèlement.

Une découverte qui démontre à quel point l’usage de ce drone évolue à grande vitesse durant la guerre en Ukraine. Originaire d’Iran, et largement déployé depuis 2022, le Shahed-136 avait déjà été retrouvé dans des utilisations armées, avec des missiles air-air légers. Mais c’est la première fois qu’un système antiaérien est repéré sous un drone de ce type. Le drone russe a été identifié dans la région de Tchernihiv, au nord de l’Ukraine.

Une adaptation tactique, encore difficile à mesurer

Le missile découvert et fixé sous un drone Shahed-136 russe est donc un missile Igla-S, aussi appelé 9K388 pour les Russes, ou encore SA-24 Grinch par l’OTAN. L’engin a pour particularité d’être très léger, d’environ 18 kilogrammes, d’où son utilisation nouvelle sous les drones, et d’une portée maximale de six kilomètres. Jusqu’ici, ce missile était tiré exclusivement depuis l’épaule, pour atteindre des engins à basse altitude, comme des hélicoptères ou des avions de chasse.

Pour Vladyslav Vlasiuk, commissaire ukrainien, cette découverte de la nouvelle utilisation des missiles Igla-S montre que la Russie développe une autre vision stratégique du drone, comme plate-forme polyvalente. Sur Telegram, le commissaire a expliqué que la stratégie développée dernièrement par la Russie était «claire et inquiétante» selon Le Parisien. Mais pour l’heure, il est trop tôt pour mesurer son efficacité sur le front. Par ailleurs, aucun cas de chasseurs ou d’hélicoptères ukrainiens détruits par des drones Shahed équipés de missiles tels n’a été documenté pour le moment. Toutefois, cette nouvelle utilisation des drones pourrait modifier les conditions d’interception de ces engins, puisque cette nouveauté exposerait davantage les appareils chargés de les abattre. Selon des analystes militaires, ce nouvel usage pourrait menacer les avions de chasse ukrainiens, comme les F-16, les MiG-29, les Su-27 ou les Mirage 2000.