Après Eva Green ou Virginie Efira, Alice Winocour va travailler avec une nouvelle actrice prestigieuse, Angelina Jolie. Bande-annonce de Coutures.

L’une des spécificités de l’œuvre d’Alice Winocour (Revoir Paris) est sans doute de conjuguer l’aspect intimiste qu’on associe souvent à un certain cinéma d’auteur français avec un goût pour des arènes et des corps plus spectaculaires, qu’on aperçoit davantage dans des longs-métrages américains. C’était déjà le cas avec Proxima, qui, en plus de convoquer des comédiens ayant travaillé à Hollywood (Eva Green, Matt Dilon), se déroulait dans les décors impressionnants d’un centre spatial avec comme horizon un décollage en fusée.

Dans cette optique, l’arrivée de la mégastar américaine Angelina Jolie dans son univers est une sacrée prise. C’est à la fois une belle possibilité cinématographique (l’Américaine est un visage qui a habité un tas de grands rôles) qu’un coup marketing indéniable. Comment la cinéaste s’emparera-t-elle du mythe Jolie ? Début de réponse dans la bande-annonce diffusée par le distributeur Pathé.

Angie ne s’emmerde pas. Tout juste arrivée en France, elle a déjà chopé le plus beau mec du coinCOUTURES, MON JOLIE SOUCI

Voici le pitch du long-métrage écrit et réalisé par Alice Winocour :

« À Paris, dans le tumulte de la Fashion Week, Maxine, une réalisatrice américaine apprend une nouvelle qui va bouleverser sa vie. Elle croise alors le chemin d’Ada, une jeune mannequin sud-soudanaise ayant quitté son pays, et Angèle, une maquilleuse française aspirant à une autre vie. Entre ces trois femmes aux horizons pourtant si différents se tisse une solidarité insoupçonnée. Sous le vernis glamour se révèle une forme de révolte silencieuse : celle de femmes qui recousent, chacune à leur manière, les fils de leur propre histoire. »

À la lecture du pitch et au visionnage de la bande-annonce, on comprend vite que les coutures ne sont pas juste celles du monde de la mode. Non seulement le film travaille visiblement à coller et à lier ensemble plusieurs portraits de femmes, mais il semble aussi qu’il sera question du cancer du sein du personnage incarné par Angelina Jolie – le titre renvoyant donc aux possibles ablations et reconstructions mammaires que devrait subir Maxine.

Sans aucun doute, la cinéaste joue ici avec l’image de sa comédienne principale. Non seulement son aura de vedette lui donne naturellement de l’importance au cœur d’un casting moins connu, mais cette histoire de cancer renvoie évidemment à la mastectomie très médiatisée d’Angelina Jolie. Inquiétée par un gène défectueux augmentant drastiquement ses risques de cancer, la star avait, en 2013, choisi une opération préventive, portant par la même aujourd’hui dans sa chair le drame que devra affronter son personnage.

La décision de Jolie et son choix d’en parler aux médias avait, à l’époque, entraîné une augmentation significative des dépistages du cancer du sein selon le British Medical Journal. Loin du sex-symbol idéalisé, la cinéaste devrait ici s’intéresser aux faiblesses et aux aspects anti glamour de l’interprète de Lara Croft.

Coutures Anyier ANEI, Ella RUMPF

Le fléau des maquilleurs de mannequin de 2m10 : le torticolis !

Autour de la star américaine, le casting est également composé de Louis Garrel (L’Innocent), Ella Rumpf (Le Théorème de Marguerite), Anyier Anei (dont c’est le premier film) et Garance Marillier (Grave). On aperçoit aussi Vincent Lindon dans le rôle du docteur de Maxine. En plus de cette distribution, la photographie sobre et élégante et le ton calme de la bande-annonce confirment que nous sommes du côté d’un cinéma d’auteur intimiste privilégiant les émotions et l’observation à l’action.

Les derniers ralentis de la vidéo laissent tout de même espérer, en plus d’un portrait fin du monde de la mode, une utilisation parfois lyrique et spectaculaire de l’arène filmée. Coutures sortira dans nos salles le 18 février 2026.