Un nouveau syndicat de l’industrie pharmaceutique en France s’apprête à voir le jour pour défendre les intérêts du secteur.

Les contraintes budgétaires françaises et la pression exercée par Donald Trump pour que les laboratoires investissent aux États-Unis auront eu raison de l’unité du lobby du médicament en France. Quinze de ses membres viennent de claquer la porte du Leem, en raison de divergences sur la stratégie à adopter pour défendre les intérêts du secteur. Sept d’entre eux, tous des laboratoires français parmi lesquels figure Sanofi, l’unique poids lourd de la pharmacie en France, s’apprêtent à fonder un syndicat concurrent. « Guerbet, Ipsen, LFB, Pierre Fabre, Sanofi, Servier et Théa ont décidé d’être à l’initiative de la création prochaine d’un nouveau syndicat de l’industrie pharmaceutique en France, centré sur l’accès des patients français aux médicaments innovants et la reconnaissance de l’empreinte de R&D et de production en France », expliquent les sécessionnistes. Parmi les autres laboratoires ayant claqué la porte du Leem figurent UPSA, Biocodex ou Mayoly pharma.

Le Leem est par nature l’organe de représentation d’entreprises (280 au total) aux intérêts divergents. Il compte des laboratoires français et étrangers, des entreprises produisant en France et d’autres dépourvues d’usines. « Nous avons toujours essayé de trouver un équilibre entre les intérêts des uns et des autres, explique Thierry Hulot, le président du Leem. C’était plus facile lorsque nous n’étions pas soumis à une contrainte budgétaire de dingue. » 


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Le programme du nouveau syndicat est clair : défendre la production de médicaments innovants en France. Le Leem, à leurs yeux, n’a qu’insuffisamment promu le maintien d’une production hexagonale. Un autre syndicat, constitué par des laboratoires français ayant quitté le Leem mais fabriquant dans l’Hexagone des médicaments matures, sera également créé.

Pour l’instant, ce sont les laboratoires français contre le reste du monde. Mais les démissionnaires espèrent bien convaincre d’autres laboratoires, français ou non à condition qu’ils produisent en France, de les rejoindre.