Jeudi 8 janvier, Emmanuel Macron a informé Ursula von der Leyen que la France voterait contre l’accord commercial entre l’Union européenne et les pays du Mercosur, selon les informations exclusives de BFMTV. Vendredi 9 janvier, chaque État membre se prononcera sur cet accord en négociation depuis longtemps maintenant. Mais malgré les efforts et les concessions de la Commission européenne, Paris refuse de donner son accord, et considère que le traité n’est actuellement pas acceptable «en l’état».

Pour le chef de l’État, le texte fait actuellement l’objet d’un «rejet politique unanime» de la part de la population française, et même s’il reconnaît des «avancées incontestables» de la Commission européenne, celles-ci ne sont pas suffisantes pour lever les oppositions. La rallonge de 45 milliards d’euros annoncée pour la politique agricole commune semble tout de même avoir convaincu les partenaires de la France, comme l’Italie, ce qui fait maintenant pencher la balance en faveur d’une adoption de l’accord au niveau européen, même si la France et l’Irlande y sont opposées.

Un accord jugé «d’un autre âge»

De son côté, Emmanuel Macron assume sa fermeté. Si la France reste favorable au commerce international, l’accord UE-Mercosur se tient sur des bases dépassées selon lui. «C’est un accord d’un autre âge, négocié depuis trop longtemps sur des bases trop anciennes», explique Emmanuel Macron, soulevant notamment les écarts entre le texte et les exigences de souveraineté alimentaire et de normes environnementales.

L’exécutif relativise aussi les bénéfices économiques attendus. Selon la Commission européenne, le gain pour la croissance de l’UE atteindrait + 0,05 %, ce qui est un impact jugé trop limité pour Paris, et pas suffisant pour exposer des filières agricoles «sensibles et essentielles» à la concurrence internationale. Mais le refus de l’accord dans son état actuel par la France ne signe pas la fin du dossier. S’il était signé, il devrait ensuite être ratifié par le Parlement européen, où l’issue du vote est encore incertaine. Quant à la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, elle appelle les eurodéputés à se mobiliser en évoquant la possibilité d’une saisine de la Cour de Justice de l’UE, une possibilité soutenue par Les Républicains.