l’essentiel
Le succès des applications de rencontre s’essouffle pour certains utilisateurs toulousains. Cette lassitude face au virtuel déshumanise les échanges sentimentaux. Le retour à la réalité amoureuse est-il inévitable ?
Tinder, Bumble, Hinge, Fruitz… Les applications de rencontre sont aujourd’hui de plus en plus nombreuses. Si les pionniers des années 2000, à l’instar de Meetic ou Adopteunmec, occupent toujours le terrain, ils font face à une nouvelle génération de concepts. Happn parie ainsi sur la géolocalisation pour permettre de retrouver des membres croisés dans la journée, tandis que Fruitz mise sur une sémantique ludique (quatre fruits au choix) pour aligner les intentions des utilisateurs, de la relation sérieuse à l’aventure sans lendemain.
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De son côté, Hinge incite ses usagers à enrichir leurs profils pour favoriser des interactions directes avec le contenu. Mais malgré tout, le principe reste toujours similaire : des profils proposés, des discussions en ligne, avant, peut-être, un rendez-vous dans la vie réelle.
La « dating fatigue »
Après une expérience sur ces plateformes – quelques jours pour certains, plusieurs mois pour d’autres – des utilisateurs toulousains se sont lassés de cette logique. « Tu passes mécaniquement de personne en personne, c’est facile de zapper quelqu’un, raconte Gautier qui a aujourd’hui tout désinstallé. Ça manque d’humanité, là où, dans la vraie vie, on mettrait plus les formes. Ce supermarché de l’amour est décevant. »
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Damien s’est inscrit après une rupture, il y a six mois, avant d’illustrer ce que les sociologues nomment la « dating fatigue » : l’épuisement face à l’hyperconnexion. « Je me suis vite rendu compte que c’est épuisant de tenir plusieurs conversations en même temps. » Résultat : il s’en désintéresse, sans pour autant diaboliser l’usage. « Une fois passée l’étape du premier date, ça ne modifie pas les rapports relationnels, juge-t-il. Parfois, tu échanges avec des gens sympas, mais ça ne veut pas dire que ça va aboutir à quelque chose, ou que tu les aurais dragués dans la vraie vie. »
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Des outils qui présentent donc avantages et inconvénients. Un constat en demi-teinte, partagé par Elina, 20 ans, autre utilisatrice toulousaine. « J’ai fait plusieurs super rencontres, partagé de bons moments, rigolé… Mais beaucoup se permettent de dire des trucs crus, de parler même de sexe, alors qu’ils n’auraient pas osé en face-à-face. Ils sont plus à l’aise car c’est par écran interposé. »