Par

Laurent Fortin

Publié le

8 janv. 2026 à 20h16

Ce jour-là dans le box des détenus, le fils d’un couple de cadres bancaires très connu de la justice : il a déjà été condamné à dix-huit reprises, par exemple, pour avoir commis en 2020 des cambriolages à Erbray et Martigné-Ferchaud (Ille-et-Vilaine), pour avoir tenté d’échapper à la Brigade anti-criminalité (BAC) au volant d’une Audi A3 volée sur les quais de Loire au Pellerin, la même année, ou bien encore pour avoir volé un scooter à Clisson, l’année précédente.

Depuis sa sortie de prison en novembre 2024, le garçon de 26 ans s’était installé à Vertou, dans une maison de location, avec sa compagne de 22 ans, réceptionniste dans un hôtel. Tous deux ont « en projet d’avoir un enfant » et réfléchissent à un « protocole PMA (ndlr. procréation médicalement assistée) », a-t-il été dit à l’audience. Sur le plan professionnel, il a entamé « une formation de coffreur-brancheur » et est devenu « auto-entrepreneur dans l’achat-vente-location de véhicules » à Vertou.

Il avait envie de « changer de vie » et avait dit « ne pas consommer » de drogues car il en a « horreur ». Cet « habitué de cette salle d’audience », selon la présidente, a toutefois été condamné plusieurs fois pour des affaires de stupéfiants, point sur lequel il n’a pas souhaité s’exprimer, en marge du renvoi de son procès d’ici début février.

Sa mère aimerait bien  »devenir grand-mère »

Le jeune homme a en effet rapidement replongé dans la délinquance, en compagnie d’un homologue de 24 ans de Bouguenais, en approvisionnant les détenus par drones notamment « en stupéfiants ». Un « Colt 45 » et des « munitions » ont aussi été retrouvées chez lui à Vertou. Il sera jugé avec sa mère, soupçonnée de « complicité » : cette femme de 54 ans aurait « remis des drones et du matériel informatique » à son fils et aurait « dissimulé a minima 15 000 €», selon l’accusation.

Cette habitante de Saint-Sébastien-sur-Loire vit dorénavant « en concubinage avec quelqu’un qui n’est pas le père de vos quatre enfants », a relevé sur le plan personnel la présidente du tribunal. Les « relations familiales » se sont en effet « complexifiées » du fait des démêlés judiciaires de son fils de 24 ans. « En CDI depuis une trentaine d’années », elle a pour ambition de « finir sa carrière à la banque » où elle a commencé, de « finir les travaux » en cours dans son logement et de « devenir grand-mère », avait-elle dit lors de sa garde à vue.

Le complice de son fils, est quant à lui un jeune « influençable », « trop gentil » et « avec de mauvaises fréquentations » selon sa mère adoptive : il a déjà été condamné à trois reprises. Cet « agent d’entretien » qui avait « démissionné » de son contrat à durée indéterminée (CDI) s’était prévalu d’une « promesse d’embauche » par le même employeur pour tenter d’échapper à la détention provisoire.

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« Une autre personne » en fuite

Dans l’affaire des survols de prisons par drone, tous trois se voient reprocher une « participation réticente aux actes d’enquête », a résumé la présidente du tribunal correctionnel de Nantes, sans s’attarder sur le fond du dossier en raison de la demande de renvoi du procès, comme la loi le permet en pareils cas.

Le procureur de la République avait donc, « en toute logique », réclamé un placement en détention provisoire pour le Vertavien, qui a déjà eu « sept mandats de dépôt » par le passé et qui avait été condamné en 2023 pour des faits commis avec son complice. Le jeune homme aurait par ailleurs présenté des fiches de salaire « qu’il savait falsifiées » pour se présenter comme un « salarié d’Amazon », a-t-il été dit à l’audience, alors qu’il est « sans emploi » a souligné le représentant du ministère public.

Le jeune homme est « particulièrement mobile sur le territoire », avait aussi relevé le parquet, et il « encourt une lourde peine qui pourrait le conduire à se défiler ». Il pourrait enfin « adapter son discours » en cas de remise en liberté : « une autre personne » soupçonnée d’être impliquée dans les survols de prisons n’a « pas été interpellée » encore à ce jour.

Son avocat, Aristote Toussaint, avait critiqué cette « véritable prise d’otages orchestrée par le ministère public » : il plaidait, pour sa part, pour une assignation à résidence sous surveillance électronique (ARSE) à Vertou, afin que son client soit « emprisonné chez lui » jusqu’à son procès.

Dans cette affaire il est resté à Vertou, contrairement à un autre complice qui a pris lui la poudre d’escampette.

L’avocat de la défense

Des paroles aux trois juges pour les rassurer sur la présence de son client lors de son prochain procès, qui n’ont pas convaincu.

Le jeune homme a finalement été placé en détention provisoire à Caen (Calvados), tandis que son complice l’a été à Rennes (Ille-et-Vilaine).

Un placement sous assignation serait insuffisant en termes de garanties de représentation en justice.

La présidente du tribunal correctionnel de Nantes

Jusqu’alors inconnue de la justice, sa mère a, quant à elle, été remise en liberté sous contrôle judiciaire.

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