La Russie a mené des bombardements d’ampleur sur l’Ukraine, dans la nuit du jeudi 8 au vendredi 9 janvier 2026, où les autorités ont fait état d’au moins quatre morts à Kiev et d’une frappe de missile à vitesse hypersonique dans l’Ouest.
Le président Volodymyr Zelensky avait prévenu jeudi soir du risque d’une « attaque massive russe » imminente, après que la Russie a rejeté un plan européen du déploiement d’une force multinationale en Ukraine après une éventuelle fin de la guerre.
À Kiev, la police a fait état de plusieurs immeubles résidentiels frappés par des drones, avec quatre morts et vingt-quatre blessés à la clé. Parmi les morts figure un secouriste déployé sur l’un des sites touchés, tué par une nouvelle frappe de drone, a précisé le maire Vitali Klitschko, évoquant aussi des infrastructures endommagées et des coupures de courant. Le chef de l’administration militaire régionale, Mykola Kalachnyk, a précisé que « l’ennemi attaque massivement Kiev avec des drones explosifs ».
À l’échelle nationale, l’armée de l’air a lancé une « alerte aux missiles à travers toute l’Ukraine », évoquant des missiles balistiques provenant de la base de Kaspoutine Iar, à quelque 400 kilomètres à l’est de la frontière. À l’ouest, la ville de Lviv a fait l’objet dans la nuit d’une « frappe de missile », a indiqué le chef de l’administration de Lviv, Maksym Kozytsky, sans faire état de victimes. Selon le maire de la ville, AndriÏ Sadovyï, « une infrastructure critique » non précisée a été touchée.
Le commandement occidental de l’armée de l’air a évoqué de son côté une frappe sur Lviv intervenue à 23 h 47 (22 h 47, heure de Paris) avec un missile balistique se déplaçant à une vitesse hypersonique de 13.000 km/h. Il a cependant précisé que « le type de missile avec lequel les agresseurs russes ont attaqué la ville sera confirmé après étude de ses éléments ».
Le missile hypersonique Orechnik utilisé
Peu après, le ministère russe de la Défense a dit avoir frappé des « cibles stratégiques » en Ukraine à l’aide du missile hypersonique Orechnik. Ces frappes, dont le nombre et les objectifs exacts n’ont pas été précisés, sont intervenues « en réponse à l’attentat terroriste perpétré par le régime de Kiev » contre une résidence de Vladimir Poutine fin décembre, dont l’Ukraine affirme qu’il s’agit d’un « mensonge ».
Ce missile a été déployé mi-décembre au Bélarus, pays allié de la Russie, avait annoncé alors son président Alexandre Loukachenko. L’arme, capable de frapper avec des ogives nucléaires des cibles à plusieurs milliers de kilomètres, a été utilisée pour la première fois avec des têtes conventionnelles en 2024 contre la ville de Dnipro, dans le centre-est de l’Ukraine.
Privations d’électricité et de chauffage
Moscou continue à cibler les infrastructures énergétiques du pays : plus d’un million d’habitants du centre de l’Ukraine ont été privés jeudi d’eau et de chauffage, par des températures glaciales, après des frappes nocturnes de drones.
En réponse, l’Ukraine multiplie également les frappes sur les infrastructures énergétiques russes. Quelque 556.000 personnes ont ainsi été privées vendredi matin de courant et de chauffage dans la région russe de Belgorod, jouxtant la ville ukrainienne de Kharkiv, selon le gouverneur local, Viatcheslav Gladkov.