Des tracteurs ont investi le centre de Montpellier, ce vendredi 9 janvier 2026au matin, à l’appel des Jeunes agriculteurs et de la FDSEA de l’Hérault. Des déchets agricoles ont été déversés devant l’Arc de Triomphe. Les manifestants dénoncent l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur.

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Au lendemain d’une action menée à Paris devant la tour Eiffel, ainsi que sur l’A9 dans les Pyrénées-Orientales, la mobilisation agricole se poursuit, ce vendredi 9 janvier au matin à Montpellier. À l’appel des Jeunes agriculteurs 34 et de la FDSEA de l’Hérault, plusieurs tracteurs sont entrés dans la ville dès l’aube.

Divers déchets agricoles ont été déversés à quelques pas de l'Arc de triomphe, dans le centre de Montpellier, ce vendredi 9 janvier 2026.

Divers déchets agricoles ont été déversés à quelques pas de l’Arc de triomphe, dans le centre de Montpellier, ce vendredi 9 janvier 2026.

© Cédric Métairon – FTV

Peu avant 6 heures, des engins agricoles ont atteint l’Arc de Triomphe, à l’entrée du Peyrou, ont constaté des journalistes de France 3 Occitanie présents sur place. Des sarments de vigne, de la paille et divers déchets agricoles ont été déversés sur la chaussée. Des pneus ont également été déposés. D’autres tracteurs sont passés auparavant par l’Agence de l’eau, où du fumier a été déposé, avant de rejoindre le cortège.

Après cette première action, les manifestants ont poursuivi leur progression en direction de la préfecture de l’Hérault. Le cortège pourrait y rester une partie de la journée.

Les agriculteurs devant la préfecture de l'Hérault, à Montpellier. Ils dénoncent l'accord sur le Mercosur qui pourrait être signé à Bruxelles, malgré le désaccord de la France - 9 janvier 2026.

Les agriculteurs devant la préfecture de l’Hérault, à Montpellier. Ils dénoncent l’accord sur le Mercosur qui pourrait être signé à Bruxelles, malgré le désaccord de la France – 9 janvier 2026.

© Cédric Métairon – FTV

Cette mobilisation s’inscrit dans un contexte de tension persistante dans le monde agricole. « Non au Mercosur » peut-on notamment lire sur l’une des banderoles déployées dans le centre de Montepllier, ce vendredi matin. Les organisations syndicales dénoncent l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur, qui doit être examiné ce vendredi à Bruxelles. Elles redoutent une concurrence jugée déloyale, avec l’entrée sur le marché européen de produits agricoles à bas prix ne respectant pas, selon elles, les mêmes normes environnementales et sanitaires.

Depuis plusieurs semaines maintenant, la colère agricole ne retombe pas, sur fond de crise sanitaire dans les élevages, marquée par la dermatose nodulaire contagieuse et des abattages de troupeaux, ainsi que par la hausse des charges et la pression sur les revenus.

Après plus de vingt-cinq ans de négociations, l’Union européenne estime l’accord avec le Mercosur à portée de main. Ce traité concerne l’Argentine, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay et créerait une zone de libre-échange de plus de 700 millions de consommateurs. Il prévoit notamment une baisse importante des droits de douane pour les exportations européennes de voitures, machines, vins ou fromages, mais faciliterait aussi l’entrée en Europe de viande bovine, de volaille, de sucre, de riz ou de soja sud-américains, dans des volumes encadrés par des quotas.

Malgré l’opposition réaffirmée de la France, annoncée hier, jeudi, par Emmanuel Macron, l’accord pourrait recevoir l’aval d’une majorité qualifiée des États membres. L’Italie semble prête à soutenir le texte, tandis que la Pologne, la Hongrie, l’Irlande ou encore l’Autriche s’y opposeraient sans disposer d’une minorité de blocage suffisante.

Ecrit avec Daniel de Barros, Cédric Métairon et AFP.