Avec un trafic total de 26.4 millions de tonnes sur ses terminaux l’an dernier, la place portuaire ligérienne a enregistré une hausse des volumes traités de 2.6% par rapport à 2024.
Le Grand Port Maritime de Nantes Saint-Nazaire a publié ses résultats le jeudi 8 janvier. Il a donc traité, en 2025, 26.4 millions de tonnes de marchandises. Les flux à l’import ont progressé, passant de 18.7 Mt en 2024 à 20 millions de tonnes l’an dernier, alors que les exportations se sont contractées (6.4 Mt au lieu de 7 Mt).
Le brut augmente, les raffinés se replient
Les flux énergétiques représentent toujours une large majorité des volumes traités dans l’estuaire de la Loire, soit près de 69 % du trafic global. Premier poste l’an dernier sur ce segment, le pétrole brut, traité par la raffinerie TotalEnergies de Donges qui a vu l’une de ses unités en arrêt en début d’année, a augmenté de 4.3% pour atteindre 7.6 millions de tonnes. Les produits raffinés ont en revanche baissé de 13.6%, atteignant 4.4 Mt. Ils « marquent un repli par rapport à 2024 tant à l’import avec 0.7 Mt (- 40.6 %) qu’à l’export avec 3.7 Mt (- 5 %) et retrouvent des niveaux correspondant à une activité normale de l’outil de raffinage », commente le GMPNSN.
Le GNL se redresse malgré l’arrêt des transbordements de gaz russe
Du côté du gaz naturel liquéfié (GNL), alors que l’année 2024 avait été marquée par un arrêt technique de deux mois du terminal méthanier Elengy de Montoir-de-Bretagne, les importations ont atteint 6 millions de tonnes en 2025, soit 20% de mieux que l’année précédente (5 Mt). Cela, malgré l’entrée en vigueur, au mois d’avril, de l’interdiction par l’Union européenne du transbordement de GNL provenant de Russie, activité de hub qui avait contribué à soutenir l’essor du terminal de Montoir à partir de 2018. « L’activité du terminal méthanier d’Elengy a par ailleurs été perturbée par d’importants travaux de maintenance menés tout au long de l’année (projet Apollon), ainsi que par un mouvement social national des personnels de la filière gazière à l’automne », note le port. Malgré tout, le trafic de GNL est repassé au-dessus du niveau de 2021 (5.3 Mt), alors que 2022 (9.9 Mt) et 2023 (8.1 Mt) ont été des années exceptionnelles marquées par la reconstitution des stocks de gaz suite au début de la guerre en Ukraine. Les importations de GNL russe par méthaniers depuis la Sibérie, qui avaient été maintenues, vont cependant cesser, dans le cadre du renforcement des sanctions européennes pour contraindre l’effort de guerre de Moscou.
Le charbon ne constitue plus qu’une activité résiduelle
Quant au charbon, il ne constitue plus qu’un trafic résiduel autour de la centrale thermique de Cordemais, temporairement maintenue en activité pour garantir les besoins énergétiques du pays mais qui fermera définitivement début 2027. « La centrale EDF de Cordemais a été très peu sollicitée en 2025 et fonctionne sur ses stocks résiduels de charbon. Le charbon est progressivement exporté depuis fin 2024, afin de répondre à d’autres besoins, représentant, en 2025, plus de 0.2 Mt. Ces opérations se poursuivront jusqu’à début 2027 ».
Un bilan contrasté pour les vracs agroalimentaires
Du côté des vracs agroalimentaires, qui constituent un flux important du port de Nantes Saint-Nazaire, les différents courants de ce segment ont connu des évolutions contrastées, note le GPMNSM : « Impactées par la très mauvaise campagne 2024-2025 et une position française chahutée sur la scène internationale, les exportations céréalières des sites portuaires ligériens ont été au point mort en début d’année. La meilleure campagne 2025-2026 permet d’atteindre un volume de céréales de 0.5 Mt, qui reste toutefois en recul de 11.7 % (par rapport à 2024). Les vracs à destination de l’alimentation animale, ainsi que les trafics de graines et d’oléagineux, continuent de progresser, avec 2.4 Mt (+ 2.8 %). Les vracs industriels résistent à la conjoncture baissière, notamment dans le secteur de la construction. Les importations de clinker et de matières premières destinées aux cimenteries du territoire sont stables, voire en légère progression, avoisinant 0.4 Mt. De nouveaux flux de matières premières décarbonées, entrant dans le processus de production de ciment dit bas-carbone, transitent désormais par le terminal multivrac de Montoir de Bretagne. Le volume de sable de mer déchargé à Montoir de Bretagne et à Nantes accuse un recul d’environ 10 % et atteint 1.2 Mt. Les vracs liquides non énergétiques demeurent globalement stables à un niveau de 1 Mt, malgré l’arrêt technique, à la fin de l’été, de l’usine de trituration de graines de tournesol Cargill à Saint-Nazaire. Les exportations d’huiles de colza, bien que toujours dynamiques, se situent en légère baisse par rapport à l’exercice précédent. Elles bénéficient cependant des fluctuations sur le cours du soja, marché au centre de discussions entre la Chine et les États-Unis, et de solides débouchés en biocarburants ».
Navale, éolien, moteurs… Toujours une forte activité industrielle
La forte activité industrielle dans l’estuaire de la Loire continue quant à elle de soutenir le trafic portuaire. Alors que les Chantiers de l’Atlantique tournent à plein régime, générant une hausse des importations de tôles pour réaliser les coques de navires et alimenter la filière de la métallurgie, l’usine Everllence (ex-MAN Energy Solutions) a expédié trois navires de moteurs au cours de l’année. Parallèlement, les volumes liés à la filière de l’éolien en mer ont connu une très forte croissante (+ 100 %), soit 200.000 tonnes, liée à la construction du parc des îles d’Yeu et de Noirmoutier, qui est cependant en train de s’achever. Porté par la société EMYN, ce projet a généré du trafic de colis industriels à Saint-Nazaire, d’enrochements à Cheviré et de câbles à Montoir-de-Bretagne.
Un trafic en léger repli au terminal roulier
Avec 400.000 tonnes traitées, le terminal roulier de Montoir est pour sa part en léger repli (-1.9 %), mais le port note « une bonne reprise depuis septembre notamment portée par les importations de véhicules en provenance de Tanger et d’Emden ». Le nombre de véhicules et de remorques ayant transité sur le terminal en 2025 a atteint 95.832 unités, soit une baisse de 14.3% par rapport à 2024 (111.803 unités). Alors que la filière automobile subit le retard dans le renouvellement des flottes de véhicules d’entreprises, l’activité aéronautique, portée par les expéditions de tronçons d’Airbus vers les États-Unis, est en progression de 6.1 % par rapport à l’an passé, « avec une cadence à la hausse qui se poursuit ». Le terminal roulier a enfin enregistré, en octobre, un nouveau client emblématique avec le Neoliner Origin, premier cargo à voile de la compagnie nantaise Neoline, qui a lancé une ligne transatlantique entre l’estuaire de la Loire et l’Amérique du Nord.
Les conteneurs toujours orientés à la baisse
Enfin, le trafic conteneurisé continue de baisser. Après avoir enregistré un repli de 11% en tonnage (1.4 Mt) et de 13% en nombre de boites (133.000 EVP) en 2024, cette activité a encore décru en 2025, de 9.2% en tonnage (1.2 Mt) et de 10.6% en nombre de conteneurs (120.000 EVP). Cette nouvelle baisse est attribuée à l’arrêt au mois de juin, par CMA CGM, de l’escale de Montoir sur la ligne de desserte des Antilles. « La création du Club des chargeurs de l’Ouest, ainsi qu’une stratégie collective des acteurs portuaires, visent le déploiement de nouvelles solutions maritimes et l’organisation de lignes feeder. Bien que CMA CGM demeure le premier armateur actif à Montoir de Bretagne en termes de volumes, MSC gagne des parts de marché, notamment grâce à son alliance avec l’armateur WEC Lines qui représente 45 % de l’activité en 2025 », note le GPMNSN.
Au bilan, « dans un contexte géopolitique extrêmement tendu », Nantes Saint-Nazaire Port réaffirme « la nécessité d’accélérer la transformation de son modèle économique et d’accompagner les acteurs industriels dans leurs évolutions, tout en jouant pleinement son rôle face aux enjeux de souveraineté nationale – énergétique, industrielle et alimentaire ».
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