Le Chaumont VB 52 Haute-Marne a réagi de belle façon, mardi 6 janvier au soir, à Palestra, aux heures compliquées qui ont précédé le seizième de finale retour de Challenge cup, face aux Grecs de Syros. Mais ce sursaut, s’il reste isolé, ne servira à rien.
C’est une drôle d’ambiance qui régnait, mardi 6 janvier, à Palestra. Un mélange d’émotion, de pression et d’interrogation était palpable des tribunes au terrain. Après le départ précipité de l’emblématique Silvano Prandi du banc du Chaumont VB 52 Haute-Marne la veille, les réactions n’ont pas tardé. Comment l’équipe pouvait-elle se relever d’un pareil “choc” en à peine 24 heures, alors qu’un seizième de finale retour de coupe d’Europe pointait à l’horizon ?
Le technicien italien, lui, en était persuadé en laissant sa place sur le banc : « c’est l’ultime et l’unique solution pour tenter de sortir le groupe de cette situation. » Force est de constater que l’électrochoc a fonctionné. Emmené par l’entraîneur-adjoint, Iban Perez, le même “sept” de départ que celui en place lors du naufrage face à Saint-Nazaire trois jours plus tôt (exceptée la titularisation de Rok Bracko à la place d’Alexandros Raptis), a totalement changé de visage.
« On se sent forcément responsables de la situation ». « Ça a été un choc »… Les joueurs ont dû aussi digérer ce bouleversement brutal. L’attitude a été la bonne. Face aux Grecs de Syros, qui avaient remporté le match aller au “tie-break”, l’orgueil des Cévébistes a été le plus fort. La victoire en trois sets n’a souffert d’aucune contestation et a logiquement marqué la différence de niveau qui doit exister entre le CVB 52 et le huitième du championnat hellène.
Reste désormais à savoir si cette réaction qui a abouti à la qualification en huitièmes de finale de la Challenge cup restera effective dans la continuité. « J’attends forcément des effets pérennes à cette victoire », a d’ailleurs prévenu immédiatement après le coup de sifflet final le président chaumontais Bruno Soirfeck.
Un hommage est prévu
Car le véritable changement aperçu mardi 6 janvier face aux Grecs, et intervenu en trois jours seulement, n’est pas d’ordre technique ou tactique. Il est bien dans l’attitude démontré par ces mêmes joueurs, certainement touchés dans leur fierté. Il a été nourri par une agressivité retrouvée, une combativité de tous les instants. Les poings rageurs brandis par Alex Saaremaa et Rok Bracko à chacun de leurs points marqués ont été de véritables signes de ralliement pour un groupe qui s’est mis au diapason de cette détermination.
Le CVB 52 le sait depuis le début de saison : il ne possède pas les meilleures individualités du championnat et ne trouvera son salut que par un collectif soudé et impliqué. Mardi 6 janvier, les Chaumontais ont battu des Grecs : pas vraiment un exploit si l’on compare les deux compétitions nationales respectives.
Ils auront d’autres combats autrement plus importants à remporter lors des prochaines semaines et des adversaires plus redoutables à faire tomber impérativement.
A commencer dès samedi 10 janvier, par Sète, en championnat, où la position des Cévébistes n’a pas évolué, toujours au bord de la relégation.
Mardi 6 janvier, le public de Palestra, choqué par l’absence de Silvano Prandi, est monté en puissance au fil du match, s’est repris au jeu au fil des sets. Il faudra désormais tourner la page… Même si le club l’a promis : il fera revenir le technicien italien à Palestra pour lui offrir l’hommage qu’il mérite dans quelques mois, accompagné, il l’espère, de son ancienne équipe… dans une posture plus digne.
Laurent Génin
Gros plan sur… Iban Perez (Entraîneur-adjoint du CVB 52)
Propulsé aux commandes du Chaumont VB 52 Haute-Marne, du jour au lendemain, après le départ précipité de l’entraîneur Silvano Prandi, son adjoint Iban Perez raconte les heures compliquées qui ont abouti à la victoire face à Syros, mardi 6 janvier.
Pour sa première sur un banc en Marmara Spikeligue, Iban Perez s’est offert une victoire gratifiante, mardi 6 janvier, à Palestra, face aux Grecs de Syros. (Photo : D. Piot)
jhm quotidien : Comment avez-vous abordé ce match dans le rôle de coach principal, dans un contexte difficile ?
Iban Perez (entraîneur-adjoint du CVB 52) : « J’ai d’abord été forcément très surpris par l’annonce du départ de Silvano (Prandi). Ça a été un choc pour tout le monde. Mais j’ai dû tout de suite pensé à ce match face à Syros. Je n’ai pas eu de craintes particulières à l’idée de reprendre la séance d’entraînement de lundi et le management. Il faut dire que je bénéficiais d’un avantage, c’est que je ne découvrais pas le groupe. Je reprenais un collectif que j’ai suivi depuis le début de saison. Et puis, même si je n’ai jamais entraîné à ce niveau, je possède néanmoins une petite expérience du management de six ans en Elite (Halluin pendant deux ans et Bellaing pendant quatre ans). Je me suis servi de tout cela pour préparer le match. »
jhm quotidien : Quels ont été vos premiers mots au groupe en tant qu’entraîneur ?
I. P. : « C’est peut-être la seule véritable chose à laquelle j’ai vraiment réfléchi en reprenant ce rôle. Je devais faire un discours aux joueurs sans tournure négative, avec seulement du positif. J’ai vraiment choisi mes mots, car pour moi, le problème de ce groupe est avant tout psychologique et comportemental. Je n’ai pas de baguette magique et je ne vais pas transformer cette équipe en “machine à gagner” en une journée. J’ai la chance d’être assez proche des joueurs depuis le début de saison et j’ai tenté vraiment de jouer sur le côté rassurant, mais en leur indiquant que je voulais voir des combattants sur le terrain, sans peur de mal faire et avec l’envie de lâcher les chevaux : tout le contraire de notre dernière prestation contre Saint-Nazaire. Perdre si l’on a vraiment tout donner ne me gêne pas. »
jhm quotidien : Que peut changer cette victoire face à Syros ?
I. P. : « C’est très bien d’avoir obtenu notre qualification pour les huitièmes de finale. C’était important de réagir après les heures compliquées qui ont précédé ce match. Mais si ce succès n’est pas suivi d’effets à Sète, samedi 10 janvier, il ne sert à rien. Cette victoire en coupe d’Europe ne change pas notre situation en championnat, qui reste, au vu de notre situation, l’objectif prioritaire de cette deuxième partie de saison. Syros ne nous apporte aucun point au classement de la Marmara Spikeligue et le déplacement à Sète, samedi 10 janvier, demandera la même implication et la même combativité. »
jhm quotidien : Que retiendrez-vous de cette saison et demie passée aux côtés de Silvano Prandi ?
I. P. : « Durant ces quelques mois avec lui, j’ai l’impression d’avoir pris l’expérience de plusieurs années. Je pouvais ne pas être d’accord sur ses choix, mais à le regarder travailler au quotidien avec les joueurs, j’ai compris beaucoup de choses. Il ne néglige aucuns détails, et au fil des explications, on se dit : “tiens, il a raison et ça marche !”. Son expérience et sa science du volley m’ont été très précieuses. Je le remercie énormément pour tout ce qu’il m’a apporté. Il y avait beaucoup d’émotion autour de lui durant ce match et je l’ai partagée. »
jhm quotidien : Avez-vous pris du plaisir mardi 6 janvier face à Syros ?
I. P. : « Oui énormément ! J’ai été ravi de la réaction des joueurs, de les voir prendre autant de risques au service, à l’attaque avec réussite. On peut faire des choses avec cette équipe si les joueurs s’en donnent les moyens ! »
Recueillis par L. G.
Le jeu et les joueurs du CVB 52Brett Walsh prend ses responsabilités
Les joueurs du Chaumont VB 52 Haute-Marne étaient forcément attendus lors du match face aux Grecs de Syros, mardi soir, à Palestra, après l’annonce du départ de l’entraîneur Silvano Prandi la veille. Ils ont répondu présent, avec une qualification en huitième de finale de Challenge cup à la clé.
Théo Durand (libéro) : Le libéro chaumontais a tenu son rôle de façon solide, en réception comme en défense, se montrant très concentré, notamment sur quelques gestes moins maîtrisés qu’il a tout de suite effacés par une remise en question immédiate.
Twan Wiltenburg (3 att. sur 5, 2 cont., 0 ser., 2 fautes dir.) : Le Néerlandais, toujours peu fourni en ballons d’attaque, a néanmoins montré beaucoup d’implication tout au long du match, servant la cause de son équipe au “block” et au service, avec très peu de fautes directes à la clé.
HOMME DU MATCH : Brett Walsh (0 att., 1 cont., 2 ser., 4 fautes dir.) : Voilà le vrai capitaine d’équipe que le CVB 52 attend ! De la lucidité dans les passes, des risques contrôlés et de la qualité sur certains
gestes individuels, au service et au contre. Le Canadien doit désormais poursuivre sur cette voie avec de la constance dans ses prestations.
Pierre Toledo (11 att. sur 20, 3 cont., 3 ser., 5 fautes dir.) : L’attaquant chaumontais a retrouvé son efficacité et ses aptitudes de joueur complet. Même s’il a connu encore quelques moments difficiles
durant le match, il les a parfaitement compensés par son réalisme. Son bilan reste largement positif.
Jacob Pasteur (13 att. sur 20, 0 cont., 2 ser., 4 fautes dir.) : L’Américain doit absolument conserver cette dynamique durant toute la deuxième partie de saison. Quand il parvient à profiter totalement de ses aptitudes techniques et physiques, il devient un joueur “majuscule”. Ses deux “aces” pour conclure les deuxième et troisième sets sont les symboles de cette confiance qui doit être la sienne constamment.
Alex Saaremaa (3 att. sur 7, 2 cont., 1 ser., 5 fautes dir.) : Voilà quelques matches déjà que l’Estonien démontre une montée en puissance dans ses prestations. Mardi 6 janvier, il a encore un peu plus marqué les esprits par sa qualité de service et son abattage au “block”. Il lui reste simplement à gommer encore certaines fautes directes, qui sont souvent dues à sa grande détermination. Son attitude sur le terrain est également très positive.
Rok Bracko (8 att. sur 13, 0 cont., 1 ser., 5 fautes dir.) : Titularisé par Iban Perez, le Slovène a parfaitement répondu aux attentes de son coach. Même si son jeu demande encore un peu moins de fautes
directes, son comportement et son efficacité ont été précieux.
Joshua Marty (1 faute dir.) : Le jeune attaquant chaumontais a effectué une entrée en jeu dans le deuxième set au service, qui a abouti à un point supplémentaire pour son équipe au bout de l’échange.