La perspective du Tournoi change brusquement le climat autour du XV de France. Les semaines à venir ne se résumeront pas seulement à récupérer les cadres blessés : elles vont redessiner la hiérarchie à plusieurs postes clés.

Derrière l’image idéale d’un groupe renforcé se cache une mécanique plus complexe, où l’abondance crée des tensions et oblige au tri.

La première conséquence concerne les finisseurs. Jugé trop léger en novembre, le banc devrait s’étoffer avec des profils expérimentés. Mais si certains se réjouiront de retrouver leur place, d’autres verront leur temps de jeu fondre.

L’encadrement devra gérer les frustrations inhérentes aux retours forcés vers un statut de remplaçant, tout en absorbant la concurrence de jeunes candidats issus des rassemblements récents.

C’est au centre que la bataille s’annonce la plus dense comme l’explique Midi Olympique.

Yoram Moefana franchit l’hiver avec une forme impressionnante sous le maillot de l’UBB et semble armé pour récupérer le numéro 12. Mais la question de son partenaire direct est loin d’être tranchée. Nicolas Depoortere, sensation girondine, postule par continuité. Gaël Fickou, référence de la défense, ambitionne d’atteindre le cap des cent sélections dès ce Tournoi. Pierre-Louis Barassi, lui, reste tenu à l’écart après une commotion face aux Fidji. Et Emilien Gailleton doit encore prouver qu’il a retrouvé l’impact de ses meilleurs jours.

Au poste d’ouvreur, la réflexion s’invite de nouveau entre deux logiques opposées : stabilité ou rupture. Fabien Galthié avait installé Romain Ntamack en novembre, mais le retour de Matthieu Jalibert repositionne le débat. Le choix à venir affectera bien plus que la simple animation offensive : il conditionnera la distribution avec Antoine Dupont et l’équilibre du jeu au pied.

Dans le pack, les retours de Uini Atonio et Peato Mauvaka modifient aussi le paysage. La concurrence en deuxième et troisième lignes sera particulièrement dense. Mickaël Guillard peut couvrir plusieurs numéros, François Cros apporte un profil de soutien précieux que le groupe avait perdu cet automne, alors qu’Ollivon, Jelonch et Paul Boudehent comptent parmi les capitaines naturels du secteur.

Oscar Jegou, lui, a laissé une forte impression lors de la tournée et a montré qu’un rôle hybride est possible au niveau international.

Ce tableau collectif ouvre des opportunités, mais impose une gestion humaine délicate à un groupe qui n’a plus connu une telle richesse depuis la période post-Coupe du monde. Le défi, désormais, consiste à transformer cette surabondance en dynamisme sans fracturer le fonctionnement interne.