À 87 ans, Bernard Lemaître a accepté de vieillir, mais ne supporte plus les rides de son stade. Le président et propriétaire du RC Toulonnais a accordé une interview au journal L’Équipe dans laquelle il a insisté sur l’importance d’écrire une nouvelle page dans l’histoire du club varois, inévitablement loin de Mayol.
« Il y a des handicaps qui nous limitent dans la création de nos revenus. En particulier tous les revenus qui peuvent se créer autour de l’exploitation d’un stade. Mayol a son âge (il a été inauguré en 1920). Il est complètement inadapté à une exploitation moderne, affirme l’entrepreneur. Elle est limitée à un match tous les quinze jours puisque l’on n’a pas le droit d’y faire autre chose que du rugby. Cela nous prive de cinq à dix millions d’euros en matière d’hospitalités. Soit exactement le chiffre qui nous manque pour équilibrer nos comptes. »
Bernard Lemaître dit avoir « préparé des dossiers » avec plusieurs candidats aux prochaines élections municipales avec la volonté de repartir de la base, sur un stade neuf, plutôt que de rénover la mythique enceinte du RCT, limité par des contraintes géographiques et toutes les infrastructures urbaines autour du stade du centre-ville toulonnais. Le président vise un projet sur cinq ans et espère atteindre les 20 000 places (Mayol compte environ 16500 places). « Une possibilité existe pour loger le Mayol 2, assez proche du Mayol actuel. Elle est superbe. Mais je ne veux pas vous en dire plus aujourd’hui », laisse-t-il planer.
« Trois offres sérieuses » de repreneurs pour le club
La question de l’âge du doyen des dirigeants de Top 14 a inévitablement été abordée sans concession par l’intéressé « dans les quatre ans qui suivent mon décès ou mon indisponibilité quelle qu’elle soit, le directeur général de la holding familiale Frédéric Bir (ancien DG du club) se charge de trouver un repreneur et de faire une opération quasiment sans condition. C’était important de tout prévoir », assure-t-il en martelant son attachement au RCT.
Lemaître a déjà songé à sa succession mais le patriarche refuse de céder son précieux sous la précipitation. Il confirme avoir déjà reçu plusieurs approches de repreneurs, « mais ils ne remplissaient pas toutes les cases. Et pas seulement financières, poursuit-il. Je préférerais un Français à un étranger car le président du RCT est un homme public même s’il est discret comme moi. On a eu trois offres sérieuses. On y a passé beaucoup de temps mais au bout d’un moment je les ai découragés car ils n’allaient pas faire la maille. »