Publié : 11h25 par Dolorès CHARLES

Hôpital de Rennes

Hôpital de Rennes

Crédit : AFP Hans Lucas – Estelle ruiz

De plus en plus d’hôpitaux de l’Ouest – Laval, Rennes, Brest, Saint-Nazaire… ont activé leur plan blanc pour pallier les difficultés actuelles. Mais à quoi sert-il concrètement et que faire en cas de soucis de santé ? Entretien avec Jean-Yves Gauvrit, président de la commission médicale du CHU de Rennes.

Forte affluence aux urgences des hôpitaux avec l’épidémie de grippe, les virus habituels de l’hiver, les bobos en traumatologie liés au verglas ou à la neige, et évidemment la grève des médecins libéraux, qui a débuté lundi dernier. « Le pic grippal est variable, on sait qu’il arrive, et cette année il a été un peu décalé, il est arrivé le fin décembre. Donc, on est impacté maintenant.

Il y a aussi tous les autres virus respiratoires. On était inquiets mardi avec l’épisode neigeux et le verglas, parce qu’on sait que ces jours-là, il y a beaucoup plus de chutes. Et très honnêtement, oui, la grève des médecins libéraux induit forcément des patients ! A partir du moment où il y a des cabinets fermés, il y a beaucoup plus d’appels et de passages aux urgences. »

 

La conjonction de plusieurs facteurs

 

La situation est tendue comme nous le confirme, Jean-Yves Gauvrit, président de la commission médicale du CHU de Rennes. « On a eu une augmentation très importante d’appels au SAMU. En temps normal, on a 1 600 appels et on est passé à 2 500. On a beaucoup plus de passages aux urgences et surtout, parmi les gens qui viennent, on a un nombre important de patients nécessitant une hospitalisation. Par jour, on a besoin de 70 lits aux urgences de Rennes, dont 700 en 10 jours…

On est aussi en saturation de nos lits de réanimation parce que parmi les patients qui viennent aux urgences, il y en a un certain nombre qui nécessite une hospitalisation en réanimation. Et tous ces critères-là, qui sont la conjonctions de plusieurs choses, nous ont fait déclencher un plan blanc. »

Jean-Yves Gauvrit, président de la commission médicale du CHU de Rennes Jean-Yves Gauvrit, président de la commission médicale du CHU de Rennes

Crédit : Dolorès CHARLES

Plus de lits et de personnels

 

Le passage au plan blanc était indispensable, mais à quoi sert-il concrètement ? Pour Jean-Yves Gauvrit, « il permet non seulement d’avoir des « pouvoirs » de coordination sur non plus un seul établissement, mais sur tout un territoire de santé, et aussi de mobliser du personnel, par exemple. On va augmenter nos lits de réanimation, ce qu’on a vu pendant la crise Covid, d’ailleurs en transformant des lits de soins intensifs, en upgradant, en mettant des lits de réanimation. »

Vous rappelez des personnels qui sont potentiellement en congés ? « C’est le principe du plan blanc, de rappeler du personnel, tout en mesure, ou alors on redéploie du personnel de telle unité vers un autre qui a plus besoin de personnel. »

Jean-Yves Gauvrit, président de la commission médicale du CHU de RennesJean-Yves Gauvrit, président de la commission médicale du CHU de Rennes

La situation ne va pas s’améliorer avec les cliniques privées qui rejoignent le mouvement des médecins libéraux à compter de demain samedi 10 janvier, pour protester contre le projet de loi de la Sécurité Sociale.

 

Que faire lorsqu’on est malade ?

 

« Le message qu’on essaie de faire passer dans la population, selon Jean-Yves Gauvrit, quel que soit l’âge, c’est de ne pas se rendre spontanément dans un secteur d’urgences avant d’avoir fait le 15, parce que vous ne serez pas attendu quand vous allez arriver dans un service d’urgence.

Alors que si vous passez par la régulation, selon la gravité ou pas, on va déclencher différentes choses. On peut aller vous chercher avec un SAMU, on peut, dans le plus simple, vous conseiller au tééphone, prévoir une consultation avec un médecin généraliste, ou une hospitalisation dans les jours qui viennent. Après, on fait tout ça pour qu’on puisse toujours répondre à l’accueil des patients, et à l’hospitalisation des patients. »

Jean-Yves Gauvrit, président de la commission médicale du CHU de RennesJean-Yves Gauvrit, président de la commission médicale du CHU de Rennes

La situation ne va pas s’améliorer avec les cliniques privées qui rejoignent le mouvement des médecins libéraux à compter de demain samedi 10 janvier, pour protester contre le projet de loi de la Sécurité Sociale (cf sujet Yann de lundi).C’est le cas des cliniques Brétéché à Nantes, Saint-Léonard près d’Angers ou de la Polyclinique de Maine à Laval.