L’équipementier automobile Dumarey Powerglide va fermer son usine strasbourgeoise d’ici à la fin d’année, entraînant la suppression de 320 emplois, après que son principal client, l’équipementier ZF, a mis fin prématurément à leur contrat.
C’est une usine historique de Strasbourg, spécialisée dans la conception et fabrication de boîtes de vitesse automatiques et de composants automobiles. Le site alsacien de Dumarey Powerglide, va fermer dans le courant de l’année. La direction de l’équipementier automobile l’a annoncé mercredi à ses salariés. Une décision qui fait suite à la perte du plus gros client de l’entreprise.
L’usine était installée depuis 1967. Un plan social avait déjà supprimé 234 emplois en février 2025. Ce sont 320 emplois qui vont être supprimés cette année. Précisément une centaine de départs prévus en juin, 200 en août et une dernière vague fin 2026.
C’est une longue page qui se tourne pour Laurent Julien « Il y avait quelque chose, une cohésion. Je parle déjà au passé, je suis dehors, il n’y a plus rien. » 28 ans comme agent de production chez Dumarey, ce secrétaire du CSE, délégué CFDT craint beaucoup pour la suite.
« Moyenne d’âge de 52 ans »
« On a une moyenne d’âge de 52 ans, ça pose des problèmes dans le reclassement des salariés. Ca fait peur et ça fait mal au coeur. » Cette fermeture annoncée s’explique par une « rupture brutale et non anticipée des commandes de transmissions automatiques par ZF à partir de 2024 », entraînant une chute de 85% du chiffre d’affaires de l’entreprise, selon la direction de DPS.
L’argument ne tient pas selon Malek Kirouane, délégué CGT: « Ils mettent tout sur le dos de la crise automobile, des Chinois qui prennent des parts de marché mais c’était prévisible. Ils n’ont rien anticipé, on avait les compétences et l’argent pour s’en sortir mais on n’a rien fait. C’est un gros gâchis industriel et humain », se désole-t-il. Des discussions doivent débuter lundi entre la direction et les salariés qui assurent déjà ne rien en attendre.
« Où sont passés les 25 millions d’euros d’argent public? »
Pour la maire de Strasbourg Jeanne Barseghian et la présidente de l’Eurométropole Pia Imbs, la fermeture annoncée du site est un « signal d’alerte collectif », qui souligne « la nécessité pour l’Europe de préserver ses outils de production » et « sécuriser ses chaînes de valeur industrielles ».
« Où sont passés les 25 millions d’euros d’argent public dont a bénéficié Dumarey Strasbourg ? », s’est interrogé pour sa part le député LFI Emmanuel Fernandes, jugeant « intolérable que l’État laisse une entreprise encaisser l’argent des contribuables pour ensuite licencier sans scrupules ».
Les plans sociaux se sont multipliés chez les fabricants de pièces automobiles en France et en Allemagne, à cause d’une baisse des ventes de voitures, notamment en Europe et en Chine, le marché principal des fabricants européens.