Dans cette comédie, vous jouez Sami, le meilleur ami de Thomas. Jouer avec un complice comme Eric change-t-il votre façon d’aborder la scène ?
« Cela fait des années que nous avions envie de jouer ensemble. Nous nous aimons beaucoup, tant artistiquement que dans la vie. J’ai beaucoup d’estime pour lui, il est très érudit et il a beaucoup de talent. Il est également metteur en scène et m’avait d’ailleurs dirigé dans mon précédent spectacle Ave César. Nous nous étions déjà magnifiquement entendus. Eric a cette qualité de ne pas avoir d’ego mal placé, et c’est très facile de travailler avec lui. »
C’est votre troisième collaboration avec ce duo d’auteurs, Sébastien Blanc et Nicolas Poiret, qu’est ce qui vous séduit le plus dans leur écriture ?
« Ce sont des auteurs que j’apprécie particulièrement car ils réussissent à faire rire sur des thématiques rares. L’histoire est celle de deux amis de longue date dont les enfants respectifs vivent ensemble. Tout semble parfait jusqu’au jour ou ces derniers viennent leur annoncer une nouvelle à laquelle ils n’étaient pas préparés. Ce qui est formidable, c’est de voir comment l’amitié entre les deux personnages bascule à ce moment : chacun se met à remettre en cause l’éducation donnée par l’autre, et là, la situation va dégénérer. Le texte est très finement écrit, et il interpelle les spectateurs. Cette écriture pose des questions sans chercher à imposer un message. Pour un comédien, c’est un pur bonheur à jouer. »
En tant que père, cette pièce a-t-elle eu une résonance particulière pour vous ?
« Bien sûr, c’est aussi pour cela que j’ai choisi ce projet. Étant moi-même père de deux garçons, le texte m’a percuté de plein fouet. Je me suis senti immédiatement concerné. La pièce interroge sur l’amour que l’on transmet à ses enfants. On pense faire bien, et c’est pas si bien que ça, on pense faire mal, et ce n’est pas si mal que ça. Évidemment, on le sait tous, ça n’est pas facile d’être parent. »
Le public a-t-il tendance à vous identifier systématiquement à votre personnage de José de Scènes de ménages ?
« J’ai une chance extraordinaire, et je pèse mes mots, car la chance compte énormément pour moi dans la vie, d’être devenu un acteur populaire. Les gens s’identifient à moi et il y a beaucoup d’affection dans nos échanges. Certains me disent même “Merci”, ce qui me surprend toujours, mais témoigne d’une vraie proximité. Alors bien sûr, en voyant ma tête sur l’affiche, ils y pensent forcément. Mais, dès que le rideau se lève, ils sont embarqués dans une histoire qui n’a plus rien à voir. Le public oublie le personnage de télévision, et heureusement ! »
Avez-vous des anecdotes de coulisses avec votre partenaire, Eric ?
« On rit énormément tous les deux en coulisse, mais comme on rit entre amis. En revanche, une fois sur les planches, la comédie se traite avec sérieux. C’est un pur bonheur de jouer cette pièce, mais aussi un défi. Pendant une heure quarante, nous ne quittons jamais la scène. C’est un duo qui demande une intensité émotionnelle et une grande concentration. Contrairement au cinéma, il n’y a pas d’échappatoire, on ne peut pas refaire la prise. C’est un investissement total, même physiquement. C’est un réel plaisir d’acteur de pouvoir traverser toute cette panoplie de sentiments offerts par les auteurs. Mais quel plaisir de voir les gens rire autant en retour, c’est une belle récompense ! »