Ava se souviendra longtemps de ses premiers partiels de licence de droit. « Je pense que mes notes ça va être une cata, celles de mes amis aussi. » Pour cause, après avoir bravé les conditions météorologiques chaotiques pour se rendre aux examens, maintenus par Assas sur le campus de Melun, les étudiants ont dû faire face à des températures pour le moins fraîches les deux premiers jours de leurs tous premiers partiels post-bac.
« Non seulement j’ai mis un temps fou pour venir, mais quand on est arrivé dans l’amphi, on aurait dit qu’on était dans un garage », raconte Ava qui a fini par enfiler son manteau malgré l’interdiction « pour éviter la triche ». Comme elle, beaucoup d’étudiants ajustent cache-cou et doudoune pour essayer de composer sereinement.
« Le stress du partiel est déjà important »
Un luxe dont ne s’est pas saisi Camille, qui composait le lundi sur le droit constitutionnel. « Dans l’amphi, il y avait un froid impressionnant, on ne sentait plus nos jambes ! », raconte-t-elle. En revanche, pas de problème de température pour l’étudiante le mardi… puisqu’elle n’a même pas pu se rendre à ses examens.
Des absences pour une poignée d’étudiants seulement note Stéphane Braconnier, président de l’université. « Oui, les conditions météorologiques étaient compliquées, mais le taux d’absentéisme à la session de L1 a été inférieure à l’année dernière, défend-il. L’immense majorité à pris ses précautions et a pu anticiper, l’épisode neigeux étant annoncé depuis plusieurs jours. »
Qu’importe pour les étudiants présents. « Les conditions n’étaient pas normales pour passer nos examens », fait remarquer Gabriel qui a composé le lundi et le mardi dans un amphi aux températures plutôt fraîches. « Mardi matin, avec les chutes de neige de la veille et le verglas, j’étais déjà très stressé par les retards et la peur de ne pas arriver à temps. Dans ce contexte, les conditions dans l’amphithéâtre n’ont fait qu’ajouter de la tension. » A-t-il pu correctement rédiger les réponses aux questions ? « Relativement, malgré le froid et les allées et venues des élèves arrivant en retard, ce qui rendait ma concentration difficile. »
« Nous avons demandé une certaine indulgence et avons donné des consignes au niveau des retards », justifie le président d’Assas qui explique les températures froides des amphis par les congés de fin d’années et la coupure du chauffage pendant quinze jours. « Je n’ai pas été informé de cette difficulté, j’imagine qu’elle n’a pas été cruciale, car elle ne m’a pas été rapportée, explique-t-il. Elle a dû être gérée dans les meilleurs conditions possibles. »
Prévu pour durer toute la semaine, les partiels maintenus auront finalement lieu dans d’autres salles de la fac le 3e jour d’examen. Dans un mail envoyé aux étudiants que la rédaction a pu consulter, l’administration d’Assas a réparti les étudiants dans différentes salles et un autre amphi. « Nous avons été déplacés dans des salles de TD pour pouvoir faire l’examen », raconte Gabriel, soulagé par la décision de l’administration.
Pour autant, pas de quoi rassurer les première année de licence sur les notes qu’ils pourront obtenir pour les deux premiers partiels, passés dans des conditions peu confortables. « Il faut un 9/20 pour aller au rattrapage, rater un partiel qui compte pour 70% de la note finale de la matière c’est impossible ! », s’indigne Camille. « Le stress du partiel est déjà important, la première année, on découvre. Mais je n’arrivais même pas à me concentrer, je ne sentais plus mes mains et mes jambes. »
« Ils pensent qu’on veut esquiver les partiels, car on est en L1. », s’agace Ava qui ajoute : « Moi je m’étais dit Assas, c’est comme la Sorbonne, on est pas à la fac d’Evry. Pourtant, à Evry ils ont annulé les partiels. »