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L’UE donne son feu vert au Mercosur, Berlin jubile
Le chancelier Friedrich Merz se réjouit de la validation de l’accord commercial avec le Mercosur par une majorité qualifiée des pays européens. L’industrie allemande y voit une bouée de sauvetage face à la crise industrielle et aux droits de douane de Donald Trump.
Publié aujourd’hui à 15h15
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen et le chancelier allemand Friedrich Merz à Berlin, le 25 décembre 2025.
Odd ANDERSEN / AFP
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Le gouvernement allemand et l’industrie de la première économie européenne ont salué vendredi le feu vert de l’UE à l’accord commercial avec le Mercosur, se réjouissant de nouvelles perspectives de croissance à l’heure des droits de douane américains.
Le chancelier allemand Friedrich Merz y voit une «étape importante dans la politique commerciale européenne et un signal fort de notre souveraineté stratégique», selon un communiqué. En dépit de l’opposition ferme de la France, une majorité d’Etats européens ont soutenu vendredi à Bruxelles l’accord, qui pourrait être signé dès lundi au Paraguay par la présidente de la Commission Ursula von der Leyen. Ses détracteurs, peu audibles en Allemagne, pointent les risques pour l’agriculture européenne, avec l’arrivée de produits moins chers et pas forcément respectueux des normes environnementales de l’UE.
Mercosur: bouée de sauvetage pour l’UE et l’Allemagne?
Négocié depuis 1999, il crée l’une des plus grandes zones de libre-échange au monde, entre l’UE, le Brésil, l’Argentine, le Paraguay et l’Uruguay, soit plus de 700 millions de consommateurs. «Alors que d’autres se referment et adoptent une politique commerciale de plus en plus agressive, nous misons sur de nouveaux partenariats», a déclaré de son côté le vice-chancelier allemand Lars Klingbeil, sans nommer explicitement les Etats-Unis.
L’accord est un soulagement pour le tissu industriel du pays, déboussolé par les droits de douane de Donald Trump et en quête de nouveaux marchés pour surmonter une crise économique profonde. Grâce à celui-ci, «les entreprises économiseront environ 4 milliards d’euros par an en droits de douane», assure la fédération industrielle BDI. Le traité rassure en premier lieu l’automobile allemande, dont 70% des emplois dépendent des exportations selon la fédération du secteur VDA. Celle-ci a célébré des «perspectives considérables», car jusqu’ici, les droits de douane avec le Mercosur atteignaient jusqu’à 35% sur l’importation de voitures européennes.
Selon le BDI, l’accord facilite aussi l’accès à des matières premières critiques comme le lithium et le cuivre, indispensable dans l’électromobilité et les énergies renouvelables. «Le Conseil européen redonne espoir à l’industrie européenne», a aussi salué la fédération de la chimie VCI, qui se débat avec une intense concurrence chinoise.
«Il s’agit maintenant de conclure rapidement les prochains accords de libre-échange», ajoute Friedrich Merz, notant que «25 ans de négociations, c’était trop long».
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La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen et le chancelier allemand Friedrich Merz à Berlin, le 25 décembre 2025.
Odd ANDERSEN / AFP