Assise sur un banc, devant la bibliothèque des lettres aux carreaux noirs d’un autre âge, Sahra mâchonne son sandwich en consultant son portable. Dans un peu plus d’une heure, la jeune femme étudiante en 1re année à l’université de Rouen Normandie (URN), va passer un partiel d’historiographie. « C’est l’histoire de l’histoire », résume à gros traits Sahra, déjà concentrée sur l’épreuve qui l’attend. Autant dire que les difficultés financières que traverse sa faculté lui passent carrément au-dessus de la tête, comme la majorité des étudiants croisés ce mercredi sur le vaste campus de Mont-Saint-Aignan en banlieue de la ville aux cent clochers.