Par
Lisa Rodrigues
Publié le
9 janv. 2026 à 15h11
Le mouvement a démarré lundi 5 janvier dans toute la France : médecins de ville et clinique ont enclenché une grève nationale jusqu’au 15 janvier pour dénoncer des insuffisances dans le budget de la Sécurité sociale.
À Grenoble, la clinique de Belledonne et une partie de la clinique mutualiste ont rejoint le mouvement. Dès samedi 10 janvier et jusqu’à mercredi 14 janvier, la clinique des Cèdres à Échirolles va les rejoindre. « De samedi 8 heures jusqu’à jeudi matin, la clinique est quasi en arrêt d’activité, sauf pour la maternité » qui fonctionne de manière habituelle, confirme à actu Grenoble le Dr Guillaume Richalet, président-directeur général de l’établissement.
Des urgences « en mode dégradé »
La clinique des Cèdres ayant un service des urgences, celui-ci fonctionnera pendant ces quatre jours « en mode dégradé », poursuit le médecin. Les 100 médecins – tous libéraux – de l’établissement sont bien grévistes, mais « il y a des réquisitions de la préfecture par l’ARS » pour prendre en charge les urgences vitales.
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Et sauf pour ces urgences vitales, « aucun bloc opératoire ne fonctionnera », insiste le Dr Guillaume Richalet.
En clair, les urgences de la clinique des Cèdres ne fonctionneront qu’avec un praticien de chaque spécialité réquisitionné chaque jour de la grève. Une nécessité pour les autorités, pour soutenir le service des urgences du CHU de Grenoble déjà surchargé.
« Financièrement, on ne tourne plus »
Si l’ensemble des médecins des Cèdres sont en grève, c’est parce qu’ils n’arrivent plus à assurer correctement leurs missions.
On n’est pas un grand groupe financier. Ce sont les médecins qui gèrent à bout de bras la clinique. Financièrement, on ne tourne plus.
Dr Guillaume Richalet
Président-directeur général de la clinique des Cèdres
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D’autant que le praticien le souligne, l’activité des Cèdres – et des cliniques en général à Grenoble – est indispensable à l’offre de soins, alors qu’elles ne reçoivent qu’une petite partie des aides publiques pour la santé.
Quasiment la moitié des passages au bloc (22 000 par an) et un tiers des admissions aux urgences à Grenoble (23 000 par an) sont assurées aux Cèdres, contre respectivement 27 000 opérations et 60 000 admissions annuelles aux urgences pour le CHU, selon le médecin.
Or, face à l’inflation, notamment pour l’achat de matériel médical, les aides ne suffisent plus. « En 2025, plus de la moitié des établissements privés seront en déficit », souffle le Dr Richalet.
Vers des cliniques privées « à l’américaine » ?
Une situation qui fait craindre le pire pour le futur de la clinique des Cèdres, alors que la Mut’ et la clinique de Chartreuse sont déjà en redressement judiciaire. « Je ne veux pas fermer, mais on arrive clairement au bout. On n’a pas de visibilité. »
Certes, les dépassements d’honoraires sont possibles pour les médecins libéraux, mais ils sont loin de couvrir les besoins. Et « les forfaits d’hospitalisation sont fixés par l’État, rappelle le Dr Richalet. Le risque, c’est que les cliniques privées se restructurent à l’américaine et ne soignent que les patients qui ont les moyens. »
Les revendications
Les médecins de la clinique des Cèdres, comme la Fédération de l’hospitalisation Privée (FHP) et les principaux syndicats du secteur, réclament ainsi un montant d’aides publiques « à hauteur du poids du secteur privé dans l’activité hospitalière », une « reconnaissance des professionnels de santé salariés de l’hospitalisation privée » et des médecins libéraux.
Car si le budget de la sécurité sociale a été adopté en décembre, d’autres textes sont actuellement à l’étude au Parlement, notamment sur les conditions d’installation des médecins libéraux en France.
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