Son utilisation, dans la nuit de jeudi à vendredi lors d’une vaste frappe sur le territoire ukrainien, serait une réponse à l’attaque de drones présumée contre la résidence de Poutine, en décembre.
En attendant un hypothétique cessez-le-feu, la Russie continue de frapper les villes ukrainiennes. Dans la nuit du jeudi 8 au vendredi 9 janvier, l’armée de l’Air ukrainienne a comptabilisé 36 missiles et 242 drones tirés depuis la Russie, les territoires occupés et la mer Noire.
La défense antiaérienne en aurait abattu et neutralisé 244, dont 8 missiles balistiques Iskander et 10 missiles de croisière Kalibr. En revanche, « des impacts de 18 missiles et de 16 drones d’attaque ont été enregistrés sur 19 sites », dénombre l’armée de l’Air ukrainienne sur sa chaîne Telegram. Au moins quatre civils ont été tués à Kiev. Une vingtaine de bâtiments résidentiels ont été endommagés ainsi que l’ambassade du Qatar.
Parmi les missiles tirés, au moins un missile balistique de portée intermédiaire Orechnik s’est abattu près de la ville de Lviv, dans l’ouest de l’Ukraine.
Des images de vidéo surveillance montrent l’arrivée des différentes charges au-dessus d’habitations. On ignore quels sont les dégâts et quelle était la cible.
Security camera footage which appears to capture tonight’s strike by a Russian “Oreshnik” Intermediate-Range Ballistic Missile (IRBM), equipped with a Conventional Multiple Independently Targetable Reentry Vehicle (MIRV), earlier against the Lviv Oblast of Western Ukraine. pic.twitter.com/LikuWRRgtS
— OSINTdefender (@sentdefender) January 8, 2026
Selon le ministère de la Défense russe, l’attaque de cette nuit avec l’utilisation de l’Orechnik est une réponse « à l’attaque terroriste perpétrée par le régime de Kiev contre la résidence du président russe dans la région de Novgorod, le 29 décembre 2025 au petit matin. »
La Russie avait affirmé que plusieurs dizaines de drones ukrainiens avaient attaqué la résidence de Vladimir Poutine alors que Volodymyr Zelensky rencontrait Donald Trump en Floride pour dessiner les contours d’un plan de paix.
Moscou avait, dans un premier temps, refusé d’apporter la moindre preuve avant de montrer un drone à la télévision et de donner à des officiers américains un composant électronique d’un des appareils. Les pays occidentaux y avaient vu une manœuvre de diversion mal montée.
Arme de propagande
Ce type de missile mirvé (qui possède plusieurs charges indépendantes) a été tiré la première fois en novembre 2024 contre un complexe industriel à Dnipro, bien plus à l’est. Présenté par Moscou comme étant hypersonique, les experts doutent de sa capacité à voler aussi vite. Plutôt qu’un nouveau type de missile, l’Orechnik serait un Yars modifié, sans charge nucléaire.
Il est surtout utilisé comme arme de propagande. En fin d’année dernière, la Russie n’a pas manqué de communiquer sur l’arrivée d’une batterie d’Orechnik en Biélorussie. Un déploiement en réponse aux « actions agressives des adversaires occidentaux ».
« L’attaque d’aujourd’hui rappelle très fortement à tous nos partenaires que le soutien de la défense aérienne pour l’Ukraine est une priorité constante », a réagi le président ukrainien Volodymyr Zelensky sur Telegram. « La Russie doit recevoir des signaux qu’il est de son devoir de se concentrer sur la diplomatie et de ressentir les conséquences chaque fois qu’elle se concentre à nouveau sur les meurtres et la destruction de l’infrastructure. »
Si les alliés de Kiev, réunis dans la « coalition des volontaires », se sont entendus le 6 janvier à Paris pour l’envoi de troupes en Ukraine dans le cas d’un cessez-le-feu, aucune information n’a filtré sur de nouvelles livraisons de systèmes de défense anti-aérienne ou de missiles sol-air, cruciaux pour Kiev dans la protection de ses villes et infrastructures énergétiques.