Le chef de la diplomatie iranienne a accusé vendredi les États-Unis et Israël d’ingérence dans le mouvement de contestation qui grandit en Iran, tout en écartant la possibilité d’une intervention militaire étrangère.

« C’est ce qu’ont affirmé les Américains et les Israéliens, à savoir qu’ils interviennent directement dans les manifestations en Iran », a déclaré le ministre Abbas Araghchi, en visite au Liban.

« Ils essaient de transformer les manifestations pacifiques en actions clivantes et violentes », a affirmé le ministre. « Concernant la possibilité d’une intervention militaire contre l’Iran, nous pensons que celle-ci est peu probable, car leurs tentatives précédentes ont totalement échoué », a-t-il ajouté.

L’ayatollah Ali Khamenei, a averti que son pays ne « reculerait pas »

Le Haut-Commissaire des Nations unies pour les droits de l’homme, Volker Türk, a réclamé vendredi une enquête « rapide » et « indépendante » après les morts lors des manifestations qui secouent l’Iran depuis plusieurs jours.

« Je suis profondément perturbé par les informations relatives aux violences lors des manifestations nationales en Iran ces 13 derniers jours, y compris concernant des morts et des destructions de biens », a-t-il déclaré dans un communiqué, réclamant le respect du droit de manifester pacifiquement « inscrit dans le droit international ».

« Une enquête rapide, indépendante et transparente doit être menée. Les personnes responsables de violations doivent rendre des comptes en accord avec les règles et normes internationales », a-t-il ajouté.

Il s’est d’autre part inquiété de la coupure d’internet dans le pays. « De telles actions sapent la liberté d’expression et l’accès à l’information, et affectent le travail de ceux qui documentent les violations des droits humains, ainsi que l’accès aux services essentiels et d’urgence », a-t-il insisté.

Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a averti vendredi que son pays ne « reculerait pas » face à une vague de contestation qui prend de l’ampleur et pose un sérieux défi à la République islamique en place depuis 1979.

Des ONG ont accusé les autorités d’avoir ouvert le feu sur des manifestants, faisant des dizaines de morts depuis le début le 28 décembre de la contestation.