Certains dimanches matin, les collectionneurs de la ville aiment se retrouver pour comparer leurs dernières trouvailles.

Dans une ambiance conviviale, les discussions vont bon train autour des timbres, des cartes postales anciennes, des pièces de monnaie ou encore d’objets plus insolites.

Cette année encore, l’association rassemble une trentaine d’adhérents. Un chiffre relativement stable, mais bien loin des grandes années, comme le souligne Michel Bologna, président de l’association philatélique Les Baies du soleil.

Une passion freinée par le coût et la transmission

« Nous prenons de l’âge, et il n’est pas certain que les enfants ou petits-enfants aient envie de poursuivre les collections », explique-t-il. Pour lui, la question n’est pas seulement générationnelle. « C’est surtout une affaire de prix. »

Michel Bologna est tombé dans la philatélie dès l’enfance. « Ma mère travaillait à La Poste, se souvient-il. Je pouvais voir tous les timbres et elle m’en mettait de côté pour agrandir ma collection.  »

Une époque révolue, selon lui.

« Aujourd’hui, La Poste sort très régulièrement de nouveaux timbres, mais à des tarifs devenus exorbitants. Pour un enfant, collectionner représenterait près de 300 euros par an. Le dernier timbre aviateur coûtait à lui seul 10 euros. Qui peut se permettre ça ?  »

Des collections parfois inattendues

Si les timbres restent au cœur du club, certaines collections sortent des sentiers battus lors des salons que ces passionnés organisent. Une participante possédait ainsi plus d’un millier de fèves soigneusement conservées dans ses placards.

« Ça fait beaucoup de galettes », plaisantent les membres. D’autres collectionnent les VHS ou les cartes téléphoniques, témoins d’une époque révolue.

Dans les classeurs, on retrouve même des séries complètes dédiées aux joueurs de la Coupe du monde de football 1998.

Apprendre en collectionnant

Au-delà de la nostalgie, la collection est aussi un formidable outil d’apprentissage. Serge Robout, membre du club, en est convaincu : « Quand on est enfant et qu’on collectionne des timbres du monde entier, on devient très fort en géographie. Je n’ai toujours eu que de bonnes notes !  »

Un point de vue partagé par Michel Bologna : « Et en histoire aussi. Certains timbres proviennent de pays qui n’existent plus aujourd’hui. C’est fascinant. »

Dans les classeurs d’autres, figurent même les premiers timbres français, édités sous Napoléon Bonaparte.

Avant leur apparition, les courriers n’étaient pas affranchis : le destinataire devait payer à la réception.

Un système peu fiable, qui conduisait de nombreuses lettres à être refusées et retournées gratuitement à l’expéditeur, d’où l’invention du timbre.

Le 18 janvier, l’assemblée générale de l’association aura lieu salle de l’économie à 10 h.