Vous faites partie des médecins qui vont partir en Belgique pour ne pas être réquisitionné ?

« Oui et, en tant que président du syndicat national des chirurgiens urologues, j’emmène des urologues. Nous manifesterons samedi à Paris et serons en Belgique dimanche car les ARS et les préfectures nous ont réquisitionnés. C’était aussi pour marquer le coup, symboliquement, en disant aux Français : si la logique gouvernementale continue, c’est 2 000 à 3 000 chirurgiens anesthésistes qui disparaîtront. »

Vous ne craignez pas que l’opinion publique se dise que vous rajoutez là une brique sur un système déjà embolisé ?

« Écoutez, les pouvoirs politiques sont prévenus depuis le mois d’août, c’est donc qu’ils ont décidé de ne rien faire. Aujourd’hui la chirurgie libérale, c’est 60 % de la chirurgie et plus de 50 % de nos actes sont aux tarifs opposables (sans dépassement d’honoraires, ils concernent certaines catégories de la population, ndlr). Mais si demain vous fermez sur le territoire grenoblois la clinique des Cèdres, Belledonne et la chirurgie libérale du GHM, le CHU ne pourra pas absorber toute la demande de soins. Donc il faut juste arrêter de nous faire chier, ce n’est pas plus compliqué que ça. »

Vous allez vous arrêter de lundi à mercredi, ça engendre quoi pour les patients ?

« Pour des chirurgiens qui arrêtent trois jours, ça fait plus d’une centaine de patients et une quinzaine d’interventions chirurgicales qu’il faut décaler dans un système qui est déjà saturé. Ce qu’on veut aussi dire au peuple français, c’est qu’on veut des moyens. On veut des infirmières, de nuit, à l’opératoire, des lits nouveaux. Je rappelle que la population de plus de 75 ans est passée de 6 millions en 2000 à plus de 12 millions en 2025, et il n’y a pas plus de lits. Donc, soit on attend tout doucement que ça continue à se dégrader comme ça se passe depuis 20 ans, soit à un moment donné, en particulier à la lecture de textes qui nous agressent et qui nous insultent, on décide de réagir en disant : ça suffit ! »