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La filière bovine est au cœur d’une initiative toulousaine. La mairie s’engage à augmenter l’achat de viande locale pour soutenir les éleveurs fragilisés. Plus de 50 tonnes de viande bovine sont déjà consommées annuellement dans les services municipaux.
La crise agricole s’invite désormais dans les salles municipales. Ce vendredi, la mairie de Toulouse a convié éleveurs et acheteurs pour tenter d’apporter une réponse concrète à l’asphyxie de la filière bovine. En toile de fond : les troupeaux fragilisés et l’impact durable de la dermatose nodulaire contagieuse, qui bloque les débouchés commerciaux.
Autour de la table, à la salle du Sénéchal, le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, son adjoint chargé du bien manger, Jean-Jacques Bolzan, ainsi que Christian Déqué, président de la Chambre d’agriculture de la Haute-Garonne. À leurs côtés, des représentants de la grande distribution, de la restauration collective et du CCAS, conviés pour un objectif assumé : remettre de la viande locale dans les circuits d’achat.
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« C’est une réunion de solidarité », résume Jean-Jacques Bolzan. La mairie entend jouer un rôle de facilitateur, en rapprochant ceux qui produisent la viande et ceux qui la commandent. Chacun a exposé ses contraintes : trésoreries sous tension pour les éleveurs, volumes, coûts et règles de marchés publics pour les acheteurs. « Cette réunion a permis aux acteurs de mieux se comprendre », souligne l’adjoint au maire.
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La collectivité rappelle qu’elle consomme déjà exclusivement de la viande bovine locale, issue d’Occitanie, dans ses services. Chaque jour, plus de 35 000 repas sont servis dans les écoles, Ehpad et structures municipales, soit plus de 50 tonnes de viande bovine par an.
Des achats renforcés dès maintenant
Dans ce contexte, la mairie s’engage à augmenter ses achats de veau et de jeune bovin, afin de soutenir directement les exploitations du territoire. La démarche se veut plus large. Le CCAS, la grande distribution et des restaurateurs ont indiqué leur volonté de participer à cet effort collectif, pour absorber une partie des volumes aujourd’hui difficiles à écouler.
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La dermatose nodulaire contagieuse, qui frappe les troupeaux, désorganise la filière. Face à cette crise sanitaire, la municipalité veut agir à son niveau. « La mise en place commence dès aujourd’hui », annonce Jean-Jacques Bolzan, qui évoque de nouvelles rencontres à venir entre acheteurs et producteurs.