Les deux détenus, qui purgent une peine de cinq ans de prison à Châlons-en-Champagne, ont été mis en examen vendredi pour «meurtre en bande organisée et tentative de meurtre en bande organisée».
Six personnes ont été mises en examen, dont trois mineurs et deux détenus qui auraient commandité les faits, dans l’enquête sur l’incendie volontaire d’un logement ayant causé la mort de cinq personnes le 30 novembre près de Nancy, a annoncé vendredi 9 janvier le procureur. L’un des détenus, âgé de 21 ans, est soupçonné d’avoir «organisé» les faits. Son compagnon de cellule, de deux ans plus âgé, est impliqué dans la même procédure de stupéfiants que celle visant un jeune homme ayant survécu à l’incendie, a précisé François Capin-Dulhoste, procureur de la République de Nancy.
Les deux détenus, qui purgent une peine de cinq ans de prison à Châlons-en-Champagne, ont été mis en examen vendredi pour «meurtre en bande organisée et tentative de meurtre en bande organisée». Le sinistre, survenu en pleine nuit à Neuves-Maisons (Meurthe-et-Moselle), avait coûté la vie à un couple de 59 et 60 ans, à leur fils cadet de 16 ans, et à deux amis de leurs enfants, âgés de 16 et 20 ans.
«Gravité extrême»
Seul le fils aîné de la famille, 22 ans, s’en est sorti avec des blessures légères. Il s’était échappé par les toits et avait pu donner l’alerte. C’est lui qui est mis en cause dans le même dossier de stupéfiants que l’un des commanditaires présumés. «Ces faits d’une gravité extrême (…) illustrent le niveau de la menace que font peser le narcotrafic et ses méthodes sur notre société», a commenté le magistrat, sans toutefois énoncer clairement le mobile du crime.
Quatre autres suspects – trois mineurs de 15 à 17 ans et un majeur de 21 ans – ont par ailleurs été mis en examen dans cette affaire, soupçonnés d’avoir pris part, la nuit de l’incendie, à une expédition à Maisons-Neuves depuis Châlons-en-Champagne, soit environ 320 km aller-retour. L’un des jeunes de 17 ans, déjà condamné à deux reprises pour des faits de violences aggravées, a «reconnu avoir déclenché l’incendie» en aspergeant l’immeuble d’essence avant d’y mettre le feu, selon le procureur. L’autre mineur du même âge, au casier judiciaire vierge, a reconnu avoir conduit le véhicule. Tous deux ont été placés en détention provisoire.
Les deux autres suspects, le majeur et l’adolescent de 15 ans, ont été placés sous contrôle judiciaire. «Leur rôle exact reste à déterminer». L’enquête se poursuit pour «préciser les rôles et motivations de chacun et mettre en évidence s’il se doit d’autres complicités», a assuré Thibaud Fritz, le commandant de la Section de recherches de Nancy, qui en a la charge.