« Où est la maire de Rennes ? Cette semaine, nous sommes allés rencontrer les habitants privés de chauffage au Blosne et à Villejean. Ils n’avaient vu personne… Où est la maire ? Le 20 novembre, elle a lancé sa campagne dans un bunker fermé au public. Depuis, elle propose un bilan d’autosatisfaction sans contradiction. Pourtant, il existe une urgence au débat démocratique. En 2020, la dernière élection municipale – impactée par la pandémie de Covid – s’est soldée par une abstention de 68 % ! Nous avons besoin d’un maire qui dispose d’une forte légitimité démocratique. Nathalie Appéré ne peut pas essayer d’enjamber cette nouvelle élection. » Ce vendredi 9 janvier, Vivre Rennes, la liste menée par les opposants sortants, Charles Compagnon et Carole Gandon, a organisé une conférence de presse dans le cadre de la campagne aux municipales. Objectif : dresser le « vrai bilan » de la maire sortante et l’inciter à sortir du “bunker” où elle se serait retranchée.

« Les grands renoncements »

Le bilan de Nathalie Appéré ? C’est le portrait « d’une ville qui décroche », dresse les candidats. C’est 15,1 % de chômage sur la ville, + 20 % de délinquance, + 73 % de taxe d’ordures ménagères, énumère le document concocté par Vivre Rennes, qui recense également les « renoncements » de la majorité sortante. Une carte où sont listés les grands projets « enlisés ». Rénovation de la piscine Saint-Georges « laissée à l’abandon », projet de nouveau Roazhon Park enterré, Palais du commerce planté… la liste est aussi longue que le bilan est sombre. « Pourtant, Rennes est une ville formidable, assure Charles Compagnon. On s’engage précisément pour cela. Parce que Rennes mérite mieux ! Un médecin qui fait un mauvais diagnostic peut tuer son patient. C’est pareil pour une ville. »

« L’esquive n’est pas une solution »

Vivre Rennes propose des premières solutions. En creux, elles sonnent comme autant de réprobations de la gouvernance menée par la majorité sortante. Ainsi, Charles Compagnon s’engage notamment à « organiser des référendums populaires locaux » avant d’adopter tout projet d’urbanisme structurant. « Toute notre philosophie est de partir du terrain, du réel. Nous n’avons pas peur d’aller au contact des Rennais. »

Charles Compagnon s’est fendu d’un courrier à la maire, daté du 8 janvier, où il l’invite à venir débattre en public, avec les autres candidats. D’abord sur son bilan, ensuite sur ses propositions. « L’abstention constitue l’un des principaux dangers pour notre démocratie locale, écrit le candidat. Elle affaiblit le débat public et fragilise la légitimité de l’action publique. Face à cela, l’esquive n’est pas une option. Le silence n’est pas une réponse. Le débat est un devoir. » L’appel de Compagnon trouvera-t-il un écho chez sa principale concurrente ? Rien n’est moins sûr. Comme l’a révélé Le Mensuel de Rennes dans son édition de janvier, la maire a déjà refusé l’idée d’un débat – non public – que notre rédaction souhaitait organiser en décembre. Sur son bilan, précisément