Huit statues de musiciens issus de l’une des huit nations celtes, c’est le projet porté par la nouvelle association Lorient capitale interceltique. Chaque artiste, reconnu du Festival interceltique et s’étant produit à plusieurs reprises, sera représenté jouant d’un instrument emblématique de sa nation. Les statues seront ainsi disséminées à travers Lorient. « L’idée, c’est d’avoir un parcours statuaire dans la ville, d’imaginer une déambulation. Les grandes places ont été fléchées mais nous n’avons pas encore défini qui ira où », explique Sophie Palant Le Hegarat, adjointe à la Ville de Lorient déléguée à la culture. Un système de QR code, permettant de découvrir l’histoire de la personne et d’écouter des morceaux, est également envisagé.

Pour ce projet, le Festival interceltique de Lorient (Fil) et l’association Lorient capitale interceltique travaillent main dans la main. Les trois premiers artistes ont été dévoilés, jeudi 8 janvier 2026, en présence des nombreux acteurs mobilisés autour de ce projet : la Ville de Lorient, les associations Emglev bro an Oriant, Mignoned Polig Monjarret et R. Micheau Vernez, ainsi que l’institut culturel de Bretagne. L’Irlande, l’Écosse et la Galice seront les trois premiers pays à l’honneur.

Les trois premiers artistes

La première statue érigée dans la ville sera celle de l’Irlandais Paddy Moloney, l’un des fondateurs du groupe de musique irlandaise The Chieftains, décédé en 2021. Comme Polig Monjarret, il sera assis sur un banc et jouera du uilleann pipe, un instrument très symbolique de l’Irlande. « Paddy est venu une dizaine de fois au Fil. Il avait une histoire particulière avec Lorient. En plus, c’était un ami de Polig », raconte Jean-Philippe Mauras, secrétaire de l’association et directeur artistique du Fil. La seconde statue sera celle de Gordon Duncan, joueur de cornemuse écossaise, venu dix fois entre 1981 et 2000. En 1998, il avait remporté le trophée Macallan, ancienne appellation du Trophée Mac Crimmon. L’artiste est décédé en 2005.

Puis, viendra celle du Galicien Carlos Núñez, sonneur de gaïta. L’espagnol sera d’ailleurs en concert à Lorient pour deux représentations, les 18 et 19 mars, dans le cadre des Échappées interceltiques.

Comme Polig Monjarret, l’Irlandais Paddy Moloney sera assis sur un banc et jouera du uilleann pipe, instrument représentatif de la musique irlandaise.Comme Polig Monjarret, l’Irlandais Paddy Moloney sera assis sur un banc et jouera du uilleann pipe, instrument représentatif de la musique irlandaise. (Archives Le Télégramme)Faire rayonner l’interceltisme

Cette idée a germé il y a deux à trois ans. « Lorient a la chance d’avoir le Festival interceltique, qui permet de découvrir culture et musique celtique, et de nombreuses associations bretonnes », raconte Jean-Yves Le Touze, président de l’association Lorient capitale interceltique. Le lien qui unit Lorient aux nations celtes est déjà visible, notamment avec plusieurs ronds-points qui portent les noms des pays (Galice, Écosse…), un panneau sur la pénétrante et quelques concerts et initiatives hors festival. Pour le maire, Fabrice Loher, « l’ambition est de faire rayonner l’interceltisme à Lorient et le rendre visible à l’année ». « D’autres idées sont avancées, comme une fresque, quai de Rohan, et des photos à travers la ville », complète Jean-Yves Le Touze.

La sculptrice Annick Leroy a récemment réalisé le buste de la fondatrice du FC Lorient, Monique Cuissard. Elle réalisera la statue de l’Irlandais Paddy Moloney.La sculptrice Annick Leroy a récemment réalisé le buste de la fondatrice du FC Lorient, Monique Cuissard. Elle réalisera la statue de l’Irlandais Paddy Moloney. (Le Télégramme/Carine Chevrollier)40 000 à 50 000 € par statue

Deux sculptrices, Annick Leroy et Anne Smith, ont été sollicitées pour ce projet dont le coût, pour chaque statue, est estimé entre 40 000 et 50 000 €. Les esquisses sont déjà prêtes et il faudra compter six à huit mois avant de voir la première apparaître à Lorient. Un appel au public est lancé pour aider au financement, ainsi qu’un mécénat. La Ville de Lorient et le Conseil régional devraient également apporter leur soutien. Mais, « Ce n’est pas un projet loriento-lorientais, remarque Jean-Philippe Mauras ; il est mené avec chaque nation d’origine des artistes. L’idée est d’être accompagné par les nations celtes, autant sur la réalisation que sur le financement ».

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