Le premier ministre a demandé au ministre de l’Intérieur d’examiner la faisabilité d’élections législatives anticipées au moment des municipales de mars.

Le premier ministre hausse le ton. Le dépôt d’une motion de censure par le Rassemblement national contre le traité de libre-échange Mercosur, suivi par une autre motion signée par la France insoumise, agace Sébastien Lecornu. Alors que la France a décidé de voter contre, en s’opposant à la Commission européenne, il estime que l’irruption de ce sujet vient perturber sa recherche d’un compromis budgétaire.

Spectre d’une dissolution

En conséquence, il est déterminé à agiter le spectre d’une dissolution pour serrer les rangs au sein des partis politiques qui n’auraient pas intérêt à un tel scrutin. Selon des sources au sein de l’exécutif interrogées par Le Figaro, il a demandé aujourd’hui au ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, d’étudier la faisabilité d’élections législatives anticipées au même moment que les élections municipales des 15 et 22 mars 2026.


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« Il peut y avoir censure donc il peut y avoir dissolution », insiste un responsable gouvernemental qui affirme que l’Élysée est sur la même ligne. Si Sébastien Lecornu était renversé, alors le chef de l’État accepterait sa démission et choisirait un retour aux urnes plutôt que de chercher à lui trouver un successeur dans l’immédiat.

L’avertissement ne vaut évidemment pas seulement pour ces motions de censure fraîchement déposées. Les discussions budgétaires doivent aboutir dans les prochaines semaines, peut-être par un passage en force avec l’emploi de l’article 49.3 ou par la prise d’ordonnances. Le chef du gouvernement serait alors mis en danger si ses arbitrages sont rejetés par les oppositions. Il observe d’ailleurs le durcissement d’approche du groupe écologiste et des communistes, qui ne participent plus à certaines réunions. Deux partis qui sont pourtant très concurrencés sur le terrain par la France insoumise.

Enfin, Sébastien Lecornu s’inquiète de voir des députés socialistes ne pas suivre la ligne de conciliation prônée par leur premier secrétaire, Olivier Faure. Autant de raisons qui le poussent à lancer cet avertissement.