Par

Guillaume Laurens

Publié le

9 janv. 2026 à 18h56

Voilà plus d’une semaine qu’elle lutte pour sa vie. Pauline Peressini, 26 ans, est l’une des nombreuses victimes du terrible incendie de Crans-Montana, qui a fait 40 morts et 116 blessés. Avec sa meilleure amie Noémie Dabin, également originaire de Toulouse et qui n’a malheureusement pas survécu au drame, la jeune femme s’était rendue dans le bar Le Constellation, au sein de cette station de ski des Alpes suisses, pour fêter le passage à la nouvelle année, quand le drame est arrivé. Grièvement blessée, Pauline a été admise au centre pour grands brûlés de l’hôpital de Zurich, où elle a été plongée dans le coma. Alors que sa famille bénéficie d’un bel élan de soutien dans la Ville rose, Laurent, son papa, se confie à Actu Toulouse sur cette épreuve et leur combat.

« Garder le moral », tant bien que mal

« Il faut garder le moral ». C’est ainsi que Laurent Peressini s’évertue à rester debout depuis cette nuit du Nouvel An, où la Terre s’est dérobée sous ses pieds. Pour la deuxième fois de la semaine, il est reparti ce vendredi en Suisse au chevet de sa fille. Avec sa compagne et les deux sœurs de la jeune Toulousaine, ils ont fait dix heures de route avant de retrouver leur Pauline adorée.

Salariée d’une boutique locale depuis mars dernier, Pauline vit désormais dans cette station de ski, avec son conjoint qui travaille au casino de la ville : « Il bossait ce soir-là et devait la rejoindre après… » raconte Laurent Peressini. Au lendemain de l’incendie, ils ont, comme beaucoup de proches des victimes, lancé des avis de recherche sur les réseaux sociaux pour retrouver la trace de Pauline, avant d’être « appelé à une heure du matin » le vendredi 2 janvier par la police suisse : « Ils m’ont annoncé qu’elle était vivante et à Zurich ».

« Son pronostic vital est toujours engagé »

« Pauline a été admise dans le plus grand hôpital du pays, à Zurich, où ils ont envoyé les plus grands brûlés », témoigne Laurent Peressini. Comment va-t-elle, plus d’une semaine après les faits ? Ce vendredi 9 janvier au soir, elle est « toujours dans un état critique » et « son pronostic vital est toujours engagé », témoigne son papa.

Son état est stable, elle a des brûlures un petit peu partout. On sait les endroits où il va falloir des greffes, car elle est brûlée à plus de 60 % du corps.

Laurent Peressini 
Papa de Pauline

Pauline a déjà subi plusieurs opérations, dont une ce vendredi. Et à chaque fois, « les soignants sont très professionnels : à la veille de chaque opération, l’anesthésiste puis le chirurgien m’appellent pour me demander les autorisations, notamment pour les transfusions ».

« Ils la réveillent un peu tous les jours »

Pauline est dans le coma artificiel, « mais ils la réveillent un peu tous les jours pour qu’elle puisse réagir », poursuit-il. « Et surtout, on lui parle ».

Elle ouvre les yeux, on ne sait pas trop si elle nous voit, mais elle nous entend. Alors on lui pose des questions simples, elle nous fait signe de la tête par oui ou par non, parce qu’elle ne peut pas parler.

Laurent Peressini

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À ses côtés, Laurent s’efforce de sourire, positiver… Tout faire pour la raccrocher à la vie : « On lui a dit ‘il faut que tu te battes’, elle nous a fait signe que oui ».

Le décès de Noémie ? « Ne pas le lui dire », pour « qu’elle se batte »

Pauline a-t-elle connaissance et conscience de ce qu’elle a subi ? « Même les médecins ne savent pas si elle se rend compte de son état », soupire son père. Pour l’heure, Laurent s’est efforcé d’informer sa fille de la situation, tout en la préservant tant que faire se peut : « Je lui ai expliqué qu’elle était à l’hôpital suite à l’accident, sans la prévenir de son physique ».

Pour l’épargner, ils ne l’ont pas informée non plus du décès de sa meilleure amie Noémie, dont les obsèques seront prochainement célébrées dans l’intimité. « On va y assister », glisse Laurent, qui va faire un nouvel aller-retour entre Zurich et Toulouse pour l’occasion. « Mais on préfère ne pas le lui dire, pour éviter que ça lui fasse un choc supplémentaire… Car je veux qu’elle se batte ».

Cagnotte, don de jours de repos : un grand élan de soutien

Dans cette épreuve, la famille Peressini peut compter sur une vague de soutien dans la Ville rose, où la situation des inséparables amies a fortement ému. « Je suis très épaulé », admet son père. « Le cabinet du maire de Toulouse m’a téléphoné, le ministère des Affaires étrangères aussi, tout comme les consuls de Zurich et de Genève ». Outre « de très nombreux messages et appels » bienveillants, les Peressini ont « reçu énormément de soutien par la cagnotte » lancée sur Leetchi par un collègue de travail de Laurent, conducteur de tramway à Toulouse. Plus de 18 000 euros avaient été récoltés ce vendredi. « Cela va déjà nous servir à payer les trajets et les frais à Zurich, où la vie est très chère ».

Le combat de Laurent et ses proches trouve aussi de l’écho chez Tisséo : « Au travail, ils sont à mes côtés. La direction a mis en place ce qu’elle pouvait, et lancé un appel aux dons des jours de repos, pour que je puisse être auprès de ma fille ».

Pauline peut-elle être transférée à Toulouse ? Et à quel horizon ? « On vit cela au jour le jour. Pour l’instant, elle n’a pas transportable », souffle Laurent Peressini. « Mais la priorité, c’est qu’elle ne soit plus en état critique ». Et de conclure : « Ce sera déjà une première victoire ».

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